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Archive pour jan
Suite de la crise à Madagascar
30.1.2009 par Association SOLMADA.
je reviens vous donner quelques nouvelles de la situation, ici, à Madagascar.
Mardi 27/01 toute la journée, Tana a été mise à feu et à sang. Tous les magasins de technologie, habillement et de nourriture ont été pillés, vandalisés et brûlés. Tous les magasins et entreprises du président de la république ont eux aussi été pillés puis brûlés. Tana n’est plus qu’un champs de bataille et ressemble à une ville en guerre. Il semblerait que des bandes armées (sans doute payées par on ne sait qui) ouvrent les magasins à coup de barres de fer et laissent les gens lambdas pénétrer et se servir puis mettent le feu. Cela durera toute la nuit du lundi au mardi et tout le mardi. Il ne reste rien… les gens qui ont pillé, repartent sans être inquiétés ni par la police ni par l’armée (pourquoi n’est elle pas là? mystère!!) et revendent leur butin pour une poignée d’ariary sur le trottoir d’en face (50kg de riz pour 2€).
Mercredi 28/01 tana reprend son souffle et semble se calmer, sans doute grâce aux forces de l’ordre qui font leur apparition. Quelques pillages continuent par ci par là. Mais maintenant c’est le reste de l’ile qui s’embrase. Mahajunga, Tuléar, tamatave, Antsirabe, Fianarantsoa… toujours avec la même violence et les mêmes cibles alors qu’il n’y a plus ni radio ni télé. Le coup semble bien monté et préparé de longue date. Le neveu de l’ancien président de la république est accusé mais dément. Les provinces brûlent mercredi et jeudi pendant que Tana semble reprendre un peu vie. Nous suivons les consignes de l’ambassade et restons à la maison.
Jeudi 29/01, le maire de Tana apelle les habitants de Tana à faire une journée ville morte. Ce mouvement, malgré le peu de monde dans les rues, ne sera guère suivi. En effet, si les gens restent chez eux c’est surtout par peur. Les autres, ceux qui ont besoin de travailler pour manger le jour même sont au travail. Dans le reste de l’ile, c’est une journée très difficile pour Tuléar et Tamatave qui subissent encore les assauts des casseurs. Ici c’est plutôt calme. les magasins sont toujours fermés.
Aujourd’hui vendredi 30/01 , on nous parle de plus de 90 morts. Ces morts sont en très grande partie des personnes qui ont été piégées par les flammes lors des pillages ou qui se sont faites écraser par les étagères des magasins attaqués. Certains sont des enfants piétinés par la foule lors des pillages. D’autres sont mortes sous les balles des militaires lors d’attaques de la foule. Nous restons à la maison et nous attendons, suivant toujours les consignes de l’ambassade qui nous dit que nous pouvons circuler mais avec prudence et que nous devons respecter le couvre feu en place depuis mardi de 20h à 5h du matin. Dans notre rue, les gardiens des maisons et villas se sont organisés avec la gendarmerie pour assurer la sécurité du quartier. Nous offrons une partie du repas. Nous sommes bien protégés. Depuis mercredi, Tana est calme. Ce matin j’ai retrouvé mes amis français autour d’un café et nous sommes tous dans l’attente et dans la crainte d’une famine. En effet les PPN (huile, riz, sucre, farine…) deviennent très rares et donc très chers. Les bâtiments incendiés et pillés sont presque tous des magasins de nourriture… l’impression que Madagascar s’est suicidée. Pour nous, nous avions quelques réserves que nous économisons.
Demain samedi 31/01, le maire de Tana appelle à un rassemblement sur la place du 13 mai pendant lequel il promet de donner une solution pour résoudre la crise très vite, nous craignons que les débordements ne recommencent. Le président quant à lui sillonne l’ile pour constater les dégâts. Il est prêt à rencontrer Rajoelina mais ce dernier semble exiger (soutenu par les membres de l’opposition) un régime de transition avec le départ immédiat du gouvernement actuel ce qui, bien entendu, est inenvisageable sans heurts. Il ne nous reste plus qu’à attendre demain et à espérer que Mada sera épargnée par la guerre civile.
Quant à nous, nous allons tous bien et notre petite commune est pour l’instant épargnée par les émeutes. Les magasins restent fermés mais sont encore debout. La population d’Ivato est calme et attend avec résignation que le combat des coqs se termine.
Je vous dis à bientôt…
Murielle
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CRISE POLITIQUE A ANTANANARIVO
27.1.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour tout le monde
Je viens vous donner quelques nouvelles loin d’être réjouissante pour Madagascar mais nous allons tous bien, aucune inquiétude à avoir. Je tiens à vous le préciser : ne vous inquiétez pas pour nous nous sommes à l’abri et en sécurité.
Depuis quelques temps le Président de la République, Marc Ravalomanana et le maire de la capitale Andry Rajoelina se livrent une bataille politique suite à la fermeture de la télé Viva qui appartient à Andry. Cette fermeture fait suite à une interview donnée par l’ancien Président de la République Ratsiraka évincé par Ravalomanana en 2002 et depuis en France.
Criant au scandale et à la didacture, le Maire de Tana s’est lancé depuis décembre dans une contestation générale du gouvernement, ce dernier ne voulant rien céder. Jusqu’à présent on sentait la population de Tana très tendue. Les gens les plus pauvres sont asphyxiés et n’attendent que de pouvoir manger à leur faim et sont prêts à croire quiconque leur apportera un peu d’espoir. Il faut également dire que Ravalomanana a récemment investi dans un avion présidentiel appelé FORCE ONE et qui aurait coûté très cher au gouvernement. Andry promet à la population de le revendre et de leur fournir du riz. Face à ces revendications le gouvernement affirme vouloir remettre de l’ordre ce qui entraîne Andry à demander la grève générale hier lundi 26 janvier et la démission du gouvernement.
Hier matin, l’ambassade nous a demandé d’ouvrir les écoles normalement afin de ne pas être assimilés à la grève demandée et ainsi de ne pas prendre partie dans le conflit. Etant toujours en remplacement dans le centre ville, je m’y suis donc rendue dès7h comme d’habitude avec tout de même un peu de crainte. Laurène quant à elle est partie avec nos amis pour le lycée français et Farah est allée à l’école dans notre petit quartier plutôt calme pour le moment.
A 7h réunion dans la cour de l’école avec les collègues, personne n’est sûr de ce qui va se passer dans la journée. A 7h30 seuls environ 50% des enfants sont présents en classe, les parents soucieux ayant préféré les garder à la maison. Nous faisons donc classe et nous voyons peu après un ballet de parents venant récupérer leurs enfants nous disant que dehors il y a beaucoup de monde et que des émeutes commencent.
Le rassemblement est parti de la place du 13 mai (symbole de la crise de 2002) et est descendu au lac Anosy pour se rendre à TVM et RNM (télé et radio nationale malgache). Des razzieurs ont donc pris d’assaut les bâtiments pillant tout le matériel (ordi, mobilier, rideau, dossiers, même les portes, les rideaux métalliques, les montants de portes…) et ont finalement mis feu aux bâtiments, une autre radio a subi les mêmes foudres laissant Madagascar privée d’informations. Devant notre école nous voyons des milliers de personnes courir et scander des slogans, nous entendons quelques coups de sifflets. Nous ne voyons aucune force de l’ordre ni militaires… étrange !!
La foule se déplace ensuite sur des points stratégiques : les ministères (certains auraient également brûlé), les usines du Président (magro, tiko…) où tout est dévalisé et les bâtiments brûlés. Les gens ont volé le riz, la farine, l’eau, l’huile… et revendaient tout sur les trottoirs à bas prix. Les grandes surfaces de la capitale ont été dévalisées jusqu’aux étagères, caisses (score digue, score ankorondrano , shoprite) … ils ne restent rien ! Rien ne semble pouvoir arrêter les pillages. Le maire appelle au calme mais les pillages continueront toute la nuit. Tous les magasins d’électroniques de la capitale sont dévalisés (citic, naza électronique, blue print, courts, la galerie Zoom…) puis brûlés tout comme les magasins de meubles. Les petits marchands se font également voler et 67ha était en plein chaos cette nuit.
Face à cela le lycée français appelle Thierry pour venir récupérer Laurène à 12h30. Le retour s’est fait sans encombre, les manifestants étant encore, à cette heure là, en centre ville. Quant à moi je rentrerai à la maison vers 15h et je mettrai pas loin d’une heure trente pour rentrer. Les barrages sont partout autour de la capitale. Nous sommes donc parties en convoi en suivant une de nos amies qui connait bien Tana et qui nous permet d’éviter les barrages. C’est l’anarchie totale dans les rues où, en lieu et place de 2 files habituelles, nous circulons sur 6 files, les taxibe slalomant dangereusement avec un nombre de passagers ahurissant.
Ce matin c’est l’angoisse chez tout le monde. Il semblerait que les ambassadeurs présents à Mada aient demandé une réunion avec le président et le maire afin d’apaiser la situation, cependant les pillages continuent à Tanjombato. Sur la route digue les abattoirs ont été brûlés et pillés. Nous avons tous peur d’un retour à 2002 qui serait un coup fatal pour Mada. Les désistements de touristes vont bon train et je ne parle pas de toute l’économie du pays qui va en prendre un bon coup à nouveau.
Face à cela, les magasins d’Ivato ont tous fermé leurs portes ce matin. Il va falloir économiser l’eau en bouteille qui devient introuvable et le lait, la farine… tous les PPN. Le carburant est distribué à raison de 5 litres par voiture ce matin.
Côté français nous avons reçu l’ordre de fermer les écoles françaises et de rester à la maison.
J’espère que les deux opposants vont vite se mettre d’accord pour que le calme reviennent, la seule chose qui m’inquiète c’est l’absence des forces de l’ordre et des militaires…
En ce qui nous concerne nous sommes à la maison cherchant les infos car sur Ivato tout est calme et nous n’avons plus de nouvelles de la capitale à cause de la suppression des médias. Selon notre chauffeur, à l’heure où je vous écris (13h) les pillages continueraient en centre de la capitale, des bagarres entre les opposants se dérouleraient.
Je vous tiens au courant …
Veloma
Murielle COLOMBET
Présidente de SOLMADA et résidente de Antananarivo
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