Archive pour juil  

juillet 2009

Bonjour

concernant la situation politique à Madagascar, rien ne bouge plus vraiment… on semble s’enliser! Les manifestations des légalistes, pro Ravalomanana continuent dans la cour du Magro à Tana. Plus aucune manifestation dans les rues puisqu’elles seraient rapidement réprimées par les militaires. L’insécurité dans la capitale est toujours là.

L’Union Européenne a refusé il y a quelques jours la feuille de route d’Andry Rajoelina et de la HAT et continue à bloquer les fonds. La Communauté Internationale ne reconnait toujours pas la HAT et fait pression sur Rajoelina. Cela semble payer puisque ce dernier vient d’annoncer qu’il demandait de l’aide à la Communaité Internationale afin de mettre en place des élections présidentielles avant la fin de l’année. Nous craignons une nouvelle montée de violence mais il faut bien remettre de l’ordre. Tout le monde patauge dans le vide et Madagascar continue à subir les effets des événements du début de l’année. Les usines de Ravalomanana ayant été détruites ne fournissent plus les PPN nécessaires à la petite population et les prix flambent puisque ces produits sont importés. Beaucoup d’étrangers investisseurs quittent ou vont quitter la Grande Ile et les touristes ont délaissé la destination.

Voilà ce que je peux vous dire actuellement sur la crise malgache, c’est à dire pas grand chose…

A bientôt

Murielle

SOLMADA crée son centre d’alphabétisation…

Bonjour

nos projets s’achèvent petit à petit et nous travaillons sur la mise en place d’un nouveau. Notre souhait est de ne plus nous disperser dans plusieurs projets mais de créer une structure qui pourrait accueillir plusieurs actions en direction des plus démunis.

Il est très difficile d’aider concrêtement à Madagascar (et ailleurs), il faut tout d’abord veiller à bien s’entourer (par des associations locales ou par des locaux) sans se laisser envahir et devenir dépendant, ressemblant plus ainsi à une banque qui subventionne. Il faut ensuite définir des objectifs qui nous correspondent et pour lesquels nous avons nous mêmes des compétences. il faut également accepter les aides extérieures proposées sans pour cela se sentir redevables et ne pas s’aliéner à des projets qui ne nous correspondent pas. Les idées de chacun de nos partenaires ou intervenants ponctuels (français ou autres), la différence de culture, de générations, de motivation, d’envie et de compétences se mèlent pour parfois créer une jolie cacophonie menant à la mise en péril des projets voire leur arrêt. Bien sûr il y a de beaux projets qui nous tenaient à coeur (comme celui de l’orphelinat dont je vous ai parlé il y a peu), mais aider ne veut pas dire pour autant se mettre en danger personnellement.

Face à cela, nous avons décidé d’un commun accord au sein de SOLMADA, de créer notre propre structure à Madagascar. Nous conservons donc le parrainage des derniers enfants qu’il nous reste car nous nous sommes engagés auprès d’eux et de leurs familles et arrêtons le projet du centre de loisirs, ce dernier ne correspondant pas à nos objectifs (voir l’article ”Centre de Loisirs”. Le projet ”repas de fêtes” est, pour le moment et à cause de la crise, impossible à continuer sous peine de créer des émeutes à chaque manifestation.

Les membres du bureaux, nos adhérents, nos membres bienfaiteurs oeuvrent sans relâche pour récolter des fonds et nous nous devons de continuer pour eux comme pour les déshérités de Madagascar qui seront de plus en plus nombreux si une solution de sortie crise n’est pas vite trouvée.

Aussi j’ai réuni autour de moi plusieurs ami(e)s français et malgaches qui aiment Madagascar, y vivent et connaissent bien la culture du pays. En grande partie, nous faisons tous partie des métiers de l’éducation et avons donc des points communs. Nous avons discuté de longues heures pour en arriver à la conclusion que SOLMADA doit gérer sa propre structure.

Nous nous sommes tout d’abord questionnés sur le public que nous souhaitons toucher. Nous avons longuement (par le biais du projet tué dans l’oeuf de ”Femmes en Action”) essayé d’aider les mamans mais nous nous sommes vite rendu compte que cela demande un changement radical dans leur vie qu’elles ne sont pas prêtes à faire. Nous sommes donc revenus sur les enfants. Alors:

- Quels enfants?  nous avons décidé de faire en sorte d’aider les enfants en danger, ceux issus de famille monoparentales ou les orphelins élevés par un membre de leur famille ou par les voisins…, ceux issus d’une famille en grande difficulté sociale, ceux qui n’ont jamais eu la chance d’aller à l’école et qui ne savent ni lire, ni écrire, ni compter…

- Quel âge?  Là encore il faut bien faire un choix! les enfants petits ont encore une chance (si la situation de la famille s’améliore) d’aller à un moment ou à un autre à l’école du quartier pour, au moins, y être alphabétisés. Les adolescents ne sont pas dans nos cordes de compétences et nous avons peur de nous y casser les dents. Nous avons donc décidé de nous intéresser aux enfants de 9 à 11 ans pour qui il n’y aura sans doute plus de chance d’intégrer l’école et pour lesquels il est donc exclu d’accéder à une fomation professionnelle.

- Quel type de projet? Nous, qui vivons à Madagascar, pouvons voir chaque jour, n’importe où, des enfants qui errent dans les rues, non scolarisés ou déscolarisés faute de moyens financiers. Ces enfants passent leur temps dans de petits travaux (comme la vente de cacahuètes, de fruits, d’objets divers ou alors dans les carrières à casser des pierres…) afin de pouvoir trouver la nourriture quotidienne que leur famille ne peut pas leur fournir. L’école publique est payante et il est hors de question pour certaines familles de payer une telle charge (même si pour nous cette somme est dérisoire). Aussi beaucoup d’enfants sont dans les rues. La plupart n’ont jamais ou peu été scolarisés et ne savent ni lire, ni écrire, ni compter… comment s’en sortir plus tard? En cherchant sur internet et sur le terrain des idées pour venir en aide à ce type d’enfants j’ai fait connaissance avec Mme Malala qui travaille dans l’Education Nationale Malgache et qui est responsable d’un projet intitulé ASAMA (voir plus bas) parrainé à Madagascar par le PNUD (Projet d’aide au développent des Nations Unies). Ce projet s’inscrit en totalité dans ce que nous souhaitons faire. Nous sommes dons en train de travailler à sa mise en place qui nous permettrait d’offrir l’alphabétisation à des enfants de 9 à 11 ans.

- Quelles modalités de mise en place? Nous n’en sommes qu’au début de notre travail sur le terrain mais avons déjà pas mal d’idées. Nous souhaitons cependant nous lancer dans un projet que nous pourrons mener financièrement.

SOLMADA embauchera 1 animateur et 1 instituteur ASAMA à temps complet.

En lien avec les chefs fonkontany (chefs de quartiers) de la commune où l’association résidera (Ivato), SOLMADA ‘’sélectionnera’’ 20 enfants maximum. L’Association TANJONA II est prête à nous donner un coup de main pour cela. Les membres sont déjà en train de discuter avec les chefs  pour repérer ce type d’enfants. Nous recevrons les familles afin de faire le point et récupérer les enfants issus des familles le plus en difficulté.

SOLMADA scolarisera ces 20 enfants au sein de sa propre structure ASAMA pendant un ou deux ans pour leur permettre de se remettre à niveau. La première année sera donc consacrée à une alphabétisation puis à une remise à  niveau scolaire. L’année suivante SOLMADA inscrira ces 20 enfants dans les Ecoles Primaires Publiques (EPP) du quartier afin qu’ils intègrent ou réintègrent le cursus normal.

Pour ce projet, nous devrons disposer d’un ‘’maître’’ qui aura plus de 25 ans et au moins le bac. Il faut également qu’il puisse suivre la formation de 10 jours au PNUD afin de pouvoir alphabétiser les enfants. Nous sommes en train de nous renseigner sur la prochaine formation possible.

L’autre animateur aura pour rôle de faire le lien entre l’école et les familles,  savoir pourquoi untel est absent, sensibiliser les familles sur l’importance de la présence des enfants, écouter les problèmes. Il devrait également faire une aide aux devoirs du soir pour les enfants qui seront inscrits à l’EPP (l’année 2) et animer le centre de loisirs, hors temps scolaire, récupérer les bulletins scolaires auprès de l’école EPP et de faire le point régulièrement sur la scolarité de chaque enfant avec l’enfant et sa famille. C’est pourquoi nous allons rechercher un jeune ayant également au moins le bac et parlant le français couramment.

SOLMADA financera la cantine de midi pour les enfants pris en charge au centre. La cantine fonctionnerait à midi les jours scolaires, et jours d’ouverture du centre de loisirs sauf le dimanche. Les repas seront préparés soit par les mamans qui viendront à tour de rôle (afin qu’il y ait une participation active de leur part au centre), soit par l’animateur. Les enfants de l’EPP (soit la deuxième année) ne bénéficieront pas de cette cantine, puisqu’il serait fort possible que les enfants soient dans une EPP assez éloignée de notre centre. De plus les frais seraient beaucoup plus élevés… à voir donc !

Chaque soir, les animateurs (maître + animateur) récupèreront les enfants à l’école EPP et feront une aide aux devoirs au centre d’accueil.

Le centre sera également ouvert hors temps scolaire (mercredi, samedi et vacances scolaires) pour mettre en place un centre de loisirs avec ces mêmes enfants (ASAMA + EPP).  Jeux, formation à l’artisanat si possible, lecture, découverte, socialisation afin de leur permettre d’intégrer les écoles dans de meilleures conditions… Il sera géré par l’animateur ASAMA + l’animateur. Ceci se fera selon un planning fait à l’avance afin de permettre aux animateurs d’avoir les congés légaux. Cependant, vue la formation accélérée que les enfants vont vivre, les vacances seront réduites par rapport aux classes dites normales et donc le centre de loisirs ne sera que peu ouvert dans l’année.

- Où aurait lieu cette action? Nous sommes actuellement en pourparler avec l’Association TANJONA II avec qui nous travaillons depuis longtemps sur la reprise du local du centre de loisirs puisque ces derniers ne vont plus l’utiliser à compter du mois de septembre. Nous sommes connus dans cette commune puisque nous y travaillons depuis 2002, naissance de SOLMADA. Le local est suffisant pour y accueillir 20 enfants, il nous faudra cependant construire à l’arrière un abri couvert afin d’y faire la cantine, ainsi que l’ajour d’un WC. Il dispose d’une petite cour abritée par de beaux arbres. Les travaux faits seront déduits de nos loyers.

- Quand ce projet verra-t-il le jour? Nous avons déjà pas mal débroussaillé. Il nous faut maintenant obtenir divers renseignements sur la mise en place administrative (documents à fournir, date des formations pour l’animateur, modalités de mises en place). Charline devrait s’occuper de cela cette semaine, mais Mada reste Mada!! Nous aimerions ouvrir dès septembre puisque nous devrions avoir le local mais cela nous paraît trop optimiste. Nous attendons les modalités administratives avant de nous lancer dans la ‘’sélection” des enfants et le recrutement des animateurs. Nous sommes habitués aux surprises…

La crise politique aidant le PNUD a dernièrement décidé de retirer la gestion des centres ASAMA à l’Education Nationale Malgache. Le PNUD est pour le moment, en train de revoir son système et devrait gérer ses projets sur le terrain sans passer par le gouvernement.  Je me suis donc rendue avec Charline à l’ONU pour en savoir plus et y rencontrer la responsable des centres ASAMA Mme Louisette qui nous a beaucoup rassurées. Nous restons en contact avec elle et essayeront en septembre de nous fournir le matériel PNUD. Nous mettons de toute façon le centre SOLMADA en route. La première année sera sans doute consacrée à l’alphabétisation des enfants et nous permettra de nous mettre au clair sur le projet du PNUD, d’y adhérer ou pas!

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- Qu’est ce que ASAMA? Je vous copie le document fourni par Mme MALALA du PNUD:

ASAMA EN QUELQUES MOTS 1. Qu’est ce que ASAMA ? 

ASAMA est une méthode appliquée à un programme spécial condensant en une année scolaire, l’essentiel des contenus des cinq années du 1er cycle de l’éducation fondamentale. Elle se présente ainsi comme une méthode de « rattrapage » scolaire et c’est d’ailleurs le sens de son nom : ASAMA : Asa Sekoly Avotra Malagasy ou Action Scolaire d’Appoint pour Malgaches Adolescents

L’action ASAMA est ainsi un apprentissage intensif s’adressant à des groupes d’adolescents analphabètes ou précocement déscolarisés de 11 à 17 ans. Chaque groupe ne doit pas dépasser  25-30 adolescents.

2. D’où vient l’ASAMA ? 

L’idée vient de la pratique de l’AFI Alphabétisation Fonctionnelle Intensive pour adultes. L’AFI-D se propose d’amener des adultes et jeunes analphabètes à un niveau à peu près équivalent à la troisième quatrième année du primaire  en une période de 5 à 6 mois. L’AFI-D fut « expérimentée en 1999-2000-2001 dans les Faritany de Fianarantsoa et Toliara et a donné des résultats probants. Un enseignant de l’Université de Fianarantsoa qui faisait partie du groupe d’encadrement et d’expérimentation de l’AFI a donc proposé à des étudiantes de l’ENS  de l’Université de Fianarantsoa pour prendre comme sujet de mémoire de fin d’études la possibilité de rattrapage scolaire pour enfants adolescents analphabètes. Ce mémoire fut soutenu en Octobre 2001.

 L’Association FFF Malagasy Mahomby de Fianarantsoa a réalisé avec les auteurs la première réalisation pratique. Le Programme conjoint Pour

la Promotion de l’Education de Base Pour tous les enfants Malgaches a favorisé sa diffusion à Madagascar, après avoir développé la méthodologie de lecture pour enfants adolescents appelée « Ambohitsoratra » inspirée  de la méthode « Planète des Alphas ».  Les premiers résultats étaient probants (50% de reçus au CEPE lors de la première année, 65 % en seconde année et 70 % en troisième et quatrième année) (mais les taux  réussites varient de 0% à 100 % et la première promotion viennent de passer le BEPC). Comme toute méthodologie,  l’ASAMA demande à être consolidée par des réflexions toujours plus poussées sur la base des évaluations, ce qui a été fait déjà l’objet d’atelier scientifique.

3. Quel intérêt peut présenter l’ASAMA ? 

Elle développe l’approche droit à l’Education et la promotion de l’Education Pour Tous en offrant une possibilité aux enfants sur-âgés analphabètes ou déscolarisés, venant de familles en situation difficile 

·         d’avoir la possibilité d’avoir les connaissances minimales de base

·         d’intégrer le cycle d’éducation formelle après l’ASAMA

·         ou d’avoir la possibilité d’acquérir des compétences en Formations Techniques et professionnelles de Base après ASAMA

Elle offre ainsi une perspective  d’alternative éducative à moindre coût (ressources financières, humaines, matérielles et surtout temporelles) aux problèmes de la déscolarisation  précoce et de la non scolarisation.

L’examen du CEPE n’est pas la finalité de l’ASAMA. Mais il représente un indicateur appréciable et objectif pour juger de l’action réalisée.

4. Le modèle ASAMA est-il « unique » ? 

Le modèle ASAMA en tant que modèle de rattrapage scolaire pour enfants adolescents non en phase avec le système scolaire formel n’est pas unique. 

Dans les pays développés où l’école primaire obligatoire est effective, des expériences pédagogiques sont organisées au titre d’innovation et sont observées ici et là. En remédiation à l’échec scolaire, elles sont parfois présentées sous le nom d’écoles alternatives

Dans les pays sous-développés, où l’existence d’enfants adolescents analphabètes, n’ayant jamais été à l’école ou ayant abandonné l’école précocement, est un phénomène réel, des préoccupations de recherche de solution alternative à l’intention de ces enfants sont présentes. Sans disposer de documentation écrite à ce sujet, il semblerait qu’il existe des expériences en Tanzanie, au Burkina Faso et la collaboration du Programme est sollicitée actuellement par plusieurs pays comme d’Haïti, Sénégal, Comores… pour les appuyer dans la mise en place d’une structure formelle particulière pour enfants sur-âgés.

Pour Madagascar qui enregistre environ plus de un million d’analphabètes de 10 à 15 ans, la question est évoquée ici et là mais jusqu’à aujourd’hui, aucun modèle pratique comme l’ASAMA n’a été présenté. Ce qu’on peut seulement rapporter, c’est que durant les campagnes d’alphabétisation de la période 1980-1990 où l’alphabétisation était présentée par niveaux par année, des adultes analphabètes se sont présentés aux examens du CEPE après 2 ou 3 années de pratique d’alphabétisation et « ont réussi ». On pourrait aussi rapprocher à ce modèle l’expérience de plusieurs enseignants du primaire des années 1976-1990 qui sont sortis de l’Ecole avec un CFEPCES (BEPC) et qui après une année de cours « intensifs » se sont présentés au Baccalauréat et l’ont réussi.   Le modèle ASAMA figure parmi les bonnes pratiques recommandées par l’UNESCO actuellement et c’est à ce titre que des pays d’Asie et d’Afrique sont venus déjà à Madagascar pour mieux connaître l’expérience Malgache. 5. Qu’enseigne-t-on en ASAMA ? 

Le contenu du programme ASAMA concerne toutes les disciplines recommandées par le programme national de l’éducation fondamentale du 1er cycle (T-1. – T5). La langue d’enseignement est la langue malagasy, excepté pour l’enseignement du français qui est enseigné en tant que langue étrangère. La question qui se pose est quand même le niveau d’acquisition du Français qui est jugée faible.

6. Sur quel principe se base ce raccourci pour qu’il soit possible ? 

L`ASAMA repose sur le principe suivant : on sait que à 6 ans l’enfant possède déjà presque la totalité de son cerveau adulte et que, sans entrer dans diverses controverses d’école, d’après diverses théories sur le développement psychologique de l’enfant, on peut émettre l’hypothèse qu’à 11ans, il a atteint en grande partie sa maturité psychique et est capable d’utiliser ses ressources internes pour formaliser son environnement et le comprendre. De plus cet environnement lui a inculqué des connaissances au moyen de ce qu’on classe habituellement d’éducation « informelle », contrairement à l’enfant de 6 ans qui entre en première année de l’Ecole primaire, sa mémoire a donc déjà emmagasiné beaucoup d’acquis qu’il importe de structurer et sur lesquels on peut s’appuyer. L’enfant adolescent qui entre dans l’ASAMA connaît déjà beaucoup de choses qui sont ses acquis initiaux.  La répartition de ces acquis selon les disciplines n`est pas la même mais globalement,  ils correspondent, d’après des enquêtes effectuées et présentées dans le mémoire suscité, à environ un peu moins de 2/5 du contenu total de l’enseignement primaire. L`école primaire fonctionne en moyenne 25 heures par semaine de classe, soit environ 750 heures par année scolaire. Sur les 5 années on a donc un volume horaire total de 3750 heures. Si donc on tient compte des 2/5 de contenus estimés informellement acquises par l’adolescent, il reste environ 2250 heures de cours à absorber. Grâce au caractère intensif de l`ASAMA et de la plus grande réceptivité des apprenants, on peut estimer qu’en moyenne un apprenant ASAMA peut assimiler le contenu d’une heure d’enseignement reçu par un élève du primaire en une période de temps équivalant à 75 % de ce temps. Il aurait donc besoin d’environ 1690 heures pour assimiler l’ensemble du programme de l’enseignement primaire, ce qui correspond à peu près aux dix mois d’apprentissage  qu’offre ASAMA. Après une année de pratique, ce volume d’heures a pu encore être réduit et revu à la baisse et nous amène à la formule 2004-2005 à savoir :1260heures. Les résultats obtenus en 2004-2005 aux examens du CEPE révèlent que la gageure d’aboutir à un niveau de fin de 7ème est possible (voir les 100% de réussite à Toliara et les très bons résultats à Ambato Boeni et Fianarantsoa, Toamasina) mais la relation pédagogique en classe et la qualité des animateurs sont assurément essentielles. A partir de la deuxième année de pratique, l’apprentissage de la lecture utilisait la méthode « Ambohitsoratra » et cela  aurait aussi contribué à réduire les temps nécessaires et améliorer également le taux de réussite.

7. Comment se fait la progression pédagogique ? 

L`ensemble du programme primaire est ainsi couvert et le raccourci est possible de par le temps d`assimilation amoindri du fait des pré requis structurels de l’adolescent. La méthode fait beaucoup appel à la participation de l’adolescent qui réalise lui même son apprentissage dans le sens fort du terme. Quelle que soit la matière à traiter on part toujours du « vécu » et du « senti » de l’élève qu’il faut respecter en tant que personne. 

Plus précisément, il s’agit de condenser l’ensemble du contenu de l’enseignement  primaire, d’une durée normale de cinq ans, en une période de 10 mois. Avant de commencer l’ASAMA, les apprenants peuvent recevoir un cours d’apprentissage de la lecture par Ambohitsoratra pour une durée de six semaines. Au cours de la première période, les apprenants absorbent le programme des classes de T1, T2 et T3 (cours préparatoires première et deuxième années et le cours élémentaire) ; ensuite le contenu de T4 et T5 (cours moyens première et deuxième années) est passé au cours des deuxième et troisième périodes. La plupart des séances de la troisième période  sont consacrée à des temps de révision intensive.

Le programme est présenté plus loin.

8. Comment devraient être les animateurs ? 

En ce qui concerne les animateurs, ils doivent avoir entre 20 et 45 ans, avoir une formation générale égale ou supérieure au Bac et surtout avoir une capacité de communication facile avec les adolescents en situation difficile. Une bonne santé physique et une capacité de maîtrise émotionnelle sont fortement conseillées. Ils doivent maîtriser les contenus de l’enseignement primaire et bénéficient d’une formation spéciale sur la conduite de l’ASAMA. Cette formation se fait généralement en 3  sessions de 10 jours.

9. Où est ce qu’on a pratiqué l’ASAMA jusqu’à maintenant ? 

Au niveau de 40 classes dans toute l’île. (6 chefs lieu des ex Faritany, Fort dauphin, Ambato Boeni, Antalaha). Outre le programme conjoint qui finance la majorité des classes, des Associations comme Manda, SOS village pratiquent cette méthodologie avec un appui pédagogique du Programme conjoint..

10. Quels sont les principaux problèmes pratiques rencontrés actuellement ? Problèmes d’ordre structurel :

En tant que méthode innovante, l’ASAMA ne bénéficie encore actuellement d’aucune « couverture institutionnelle », les formations entrent dans le domaine de l’Education dite non formelle et peut être classée dans toutes ces actions sociales d’appui éducatif. Pour se présenter aux examens, les animateurs ont dû trouver des établissements primaires d’accueil, les candidats dits « libres » ne pouvant se présenter à l’examen d’entrée en 6ème. Cependant certains centres comme à Toliara a eu une autorisation d’ouverture

Cette absence de « couverture structurelle » rend perplexe certaines entités sur l’attitude à adopter face à l’ASAMA. Ainsi si certaines Ciscos d’implantation ont adopté une attitude plutôt bienveillante, il y en a qui ont pratiquement pris leurs distances et ont un peu marginalisé les classes ASAMA.

Beaucoup d’enfants ASAMA n’ont pas de pièces d’état civil et ceci demande tout un autre travail administratif à résoudre qui n’est pas simple. Des enfants n’ont pu se présenter aux examens faute d’avoir un tel papier.

Actuellement, ASAMA est recommandée par le  MAP pour une mise à l’échelle et l’Alphabétisation est sous la Tutelle du Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique

Problèmes socio-économiquesLes enfants déscolarisés précoces ou non scolarisés sont la plupart du temps issus de familles en situation difficile.  Ceci entraîne que malgré le souhait, la scolarité n’est pas toujours la préoccupation principale de ces familles. L’assiduité et la très faible possibilité pour ne pas dire l’impossibilité de réaliser des travaux à domicile  représentent  donc un problème crucial  qu’il faut envisager et handicape la progression des enseignements. C’est à ce niveau que le rôle des vivres et des cantines scolaires est essentiel pour la réussite Problèmes  pédagogiques particuliers 

L’enseignement se fait en grande partie en malgache et les documents correspondants sont de plus en plus difficiles à trouver surtout en « connaissances usuelles » et en « géographie ».

L’apprentissage du français qui est une acquisition d’un second outil de langage présente un problème particulier. Un manuel d’apprentissage spécifique a été élaboré et présenté aux animateurs. Néanmoins la maîtrise correcte de la langue est difficile à acquérir en une année scolaire

Les enfants sont pour la plupart des enfants ayant déjà leurs propres pratiques et manies habituelles. Ils ne sont pas habitués au « carcan » de l’Ecole et leur éducation sociale ne serait ce que la vie en groupe en classe demande des approches différentes de l’approche scolaire classique.  

Pour la lecture, les enfants ont aussi des problèmes pour la « lecture silencieuse », mais ceci est en relation directe avec la méthode pédagogique suivie. .

11. Quelles sont les réserves entendues ici et là contre l’ASAMA ? 

-          L’ASAMA, si elle est « vulgarisée » risque de démotiver les parents à envoyer leurs enfants à 6-7 ans. Ils préféreront attendre 11 ans pour « économiser des ressources »

-          En promouvant la réalisation d’un raccourci scolaire en une année, des questions peuvent se poser,  la question de la pertinence et de contenus de l’Ecole Primaire

-          La formation comporterait forcément des lacunes qui ne seront visibles que plus tard si ces enfants poursuivent des études car on ne peut emmagasiner en une année ce qui a été fait en cinq années

-          L’utilisation du malgache comme moyen d’instruction n’est pas conforme aux tendances actuelles et serait très restrictive

-          L’ASAMA telle qu’elle est présentée actuellement est en phase pilote avec des animateurs super motivés et des structures ayant des esprits de « mission » que n’ont pas toujours les structures habituelles, elle échouera si on fait de la vulgarisation. La formation serait anti-pédagogique car elle est trop intense.

12. Quelques éléments de réponse à ces réserves 

-          L’ASAMA est surtout présentée comme un palliatif face à des problèmes réels constatés actuellement. Elle n’est pas une alternative à la scolarisation primaire universelle, qui reste l’Institution idéale et  qui reste l’objectif à atteindre. La scolarisation de 6 à 12 ans est en effet principalement un accompagnement éducatif du processus de développement psychosocial de l’enfant. Elle reste essentielle pour chaque enfant mais dans les temps actuels, cette scolarisation universelle n’est pas encore atteinte pour plusieurs raisons relatives à la fois à l’offre et à la demande. C’est en ce sens que l’ASAMA se présente comme une opportunité pour « réduire les dégâts » et garantir réellement  ainsi l’ « Education pour Tous »’

-          Cette objection rejoint en quelque sorte la première, c’est vrai l’ASAMA peut poser un problème et le débat reste ouvert. Il faut toutefois reconnaître que la scolarisation primaire de 5 à 6 années constitue l’un des acquis des temps modernes, et est conforme au cheminement du développement psychique de l’enfant, elle ne saurait donc être remise en question de façon sérieuse. C’est la pratique de l’ASAMA qui est appelée à être transitoire : elle offre la possibilité aux enfants sûr-âgés actuel d’acquérir une formation minimale de base, ces enfants étant « trop grands » pour intégrer la première année de l’Ecole Primaire.

-          Le fait qu’il y ait forcément des lacunes reste une hypothèse à prouver en suivant une cohorte d’enfants ASAMA.. Néanmoins, il est probable que les enfants issus des écoles ASAMA nécessitent une attention différente lors de leur insertion en CEG. L’expérience dans les collèges a montré qu’une bonne communication avec les enseignants pour les prévenir du cursus particulier de l’enfant peut aider à une meilleur résultats et intégration.

-          L’utilisation du malgache, langue maternelle constitue un avantage pour l’apprentissage. Il est surtout utilisé pour atteindre des acquis suffisants et aussi pouvoir  répondre aux questions posées aux examens du CEPE. Jusqu’à maintenant la possibilité de le faire existe car les questions sont posées de façon bilingue avec une possibilité de répondre en malgache. Mais si cette possibilité venait à être retirée, on peut envisager de prolonger l’apprentissage de quelques mois pour permettre aux enfants de transposer ce qu’ils ont appris en malgache pour répondre à des questions posées en français. Il est vrai que l’apprentissage de la langue française reste un problème dans l’environnement socio-économique de ces enfants.

-          L’expérience depuis le développement du modèle  dans certaines classes où les  résultats sont très faibles (0%) montre que le risque est réel. Dans un contexte assez difficile si on veut avoir plus de résultats, l’ASAMA pourrait être restructurée et du coup la question du français si on pense que ceci est un problème est aussi résolu. La progression pédagogique serait alors la même mais avec une première année en malgache et une deuxième année de « révision » en introduisant à la fois l’utilisation progressive du français. C’est d’ailleurs ce qu’on pratique avec une classe de « redoublants » à Toamasina. Et c’est d’ailleurs ce que l’atelier scientifique a recommandé.

13. Formations des animateurs ASAMA

Les sessions de formation des animateurs se fait en 3 sessions bloquées de :

1ère session : formation de base 10 jours, (avant la rentrée scolaire)

2ème session : 5 Jours, regroupement des animateurs pour échanges et renforcement de capacités pédagogiques (pendant les vacances de Noël)

3ème session : 5 jours, regroupement pour préparation d’examen blanc et autres échanges (pendant les vacances de pâques) 

14. Suivi-évaluation

Pour avoir plus d’efficacité, les animateurs de ASAMA doivent bénéficier au moins  six visites de suivi évaluation, réalisées par les conseillers pédagogiques spécialisés de ASAMA. Chaque visite a une durée de 2 jours minimum  sans perturber les horaires d’emploi du temps de la classe, dont :

-          observation de classe

-          analyse des faits pédagogiques observés et conseils par méthode réflexive

-          évaluation et correction par classe

-          analyse des résultats de l’évaluation

-          élaboration d’un plan de remédiation et traitement de quelques thèmes non maîtrisés par formation rapprochée

Les conseillers pédagogiques ASAMA obtiennent une formation de 06 jours et participent au programme de regroupement ASAMA.

En général, les activités de suivi sont prévues pendant les dernières semaines en fin de phase, sauf pour la 3ème période en vue de préparer les séances de révisions avant l’évaluation finale des apprenants ASAMA.

Les classes ASAMA doivent avoir des examens blancs (au moins 2 fois avant l’examen du CEPE) pour les habituer à l’environnement requis.

Un regroupement d’évaluation final avec les animateurs est souhaitable  après le CEPE. Ce partage d’expérience est essentiel pour les animateurs.

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