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- 30.6.2010: Fête Nationale... une pensée pour les anciens!
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- 16.5.2010: Course du collège St Thomas d'Aquin... merci!
- 23.4.2010: Quelques nouvelles de nos filleuls
- 23.4.2010: Avril, ne te découvre pas d'un fil!
- 23.4.2010: 20 mars, Soirée folk à St Paul en Jarez avec l'association PASSE COMPOSE
- 23.4.2010: 30 mars, course solidaire au collège ST THOMAS D'AQUIN de Mornant
Archive de la catégorie CRISE POLITIQUE A MADAGASCAR
Départ du Président Marc Ravalomanana
19.3.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour à tous
Vous avez sans doute entendu parler de Madagascar, cette semaine, à la télé… eh oui ça bouge plus que d’habitude !
Le lundi 16 mars : Hier le président Marc Ravalomanana avait répondu à la demande de démission puis d’arrestation de la part de Rajoelina par la mise en place d’un référendum. Aujourd’hui, Rajoelina refuse ce référendum déclarant que le peuple a déjà choisi… il doit partir et être jugé pour haute trahison. Rajoelina déclare avoir le soutien d’un pays pour 50 millions de dollars. L’armée, quant à elle, ne se positionne pas et déclare qu’elle ne prendra pas le pouvoir et ne marchera pas sur Iavoloha (le grand palais dans lequel est retranché Ravalomanana ainsi que ses ministres). Le soir, grande cohue en ville. Le consul nous demande de circuler avec nos papiers car on rechercherait des mercenaires venus prêter main forte au Président. On nous recommande également de ne pas circuler après la nuit tombée. On apprend qu’il y aurait des mouvements sur la capitale. En fin de soirée, nous apprenons que l’armée rangée du côté de Rajoelina a pris d’assaut le palais d’Ambohitsirohitra (petit palais devant lequel il y a eu la tuerie du 7 février) avec des tanks. Le palais était apparemment vide. On a cependant entendu des tirs de roquettes en centre ville. Nous pensons que c’est une prise symbolique. Des déclarations sont faites à la radio où les partisans de Ravalomanana reçoivent le conseil de partir de Iavoloha qui serait pris aussi dans la nuit. Rien n’est fait. Pendant ce temps, la Communauté Internationale (ONU, Diplomates, Union Africaine, Union Européenne) continue à dénoncer toute forme de coup d’Etat et à menacer de ne pas verser les sommes prévues. La nuit se passe dans le calme. Nous sommes tous très tendus et dormons mal.
Mardi 17 mars : Aujourd’hui est un autre jour. La nuit est restée calme bizarrement. Le président est de plus en plus seul, on nous dit que plusieurs de ses ministres auraient démissionné et tout le monde s’attend à ce qu’il en fasse de même. Cependant il a annoncé hier qu’il ne démissionnera jamais et qu’il mourra pour les malgaches. Ses partisans retournent devant le palais pour le protéger. Le quartier d’Antaninarenina (petit palais) est entièrement bloqué par les militaires au côté de Rajoelina. Ce dernier vient prendre ses fonctions dans la journée entouré de ses partisans. Il salue la foule qui l’acclame au passage. Les partisans de Ravalomanana sont persuadés (puisqu’il l’a dit hier) que le Président ne partira pas. Un fourgon blindé sortant de la Banque Centrale est bloqué par les militaires et emmené au petit Palais. Le ministre des finances de Rajoelina vient le contrôler… que devient cet argent ?? En ville, d’autres fourgons blindés sont récupérés par l’armée de Rajoelina. Le matin, à Iavoloha, Marc Ravalomanana reçoit les représentants de la Communauté Internationale. On ne saura pas ce qui est ressorti de cette réunion. La journée semble longue et comme suspendue. Drôle d’atmosphère. Certains pensent avoir gagné, d’autres pensent ne pas avoir perdu… certains voudraient qu’on laisse s’exprimer le vahoaka (le peuple). Aux alentours de 15h , nous recevons un sms du consul nous apprenant , avant même que les malgaches ne soient au courant, la démission du Président et nous demandant d’être très vigilants, cette démission pouvant amener des manifestations et des événements graves. Nous devons rester en relation avec nos voisins, rentrer avant la nuit. Vers 16h un démenti de la Présidence arrive nous disant que le président n’a pas démissionné ! Nous n’y comprenons plus grand-chose ! Certains y croient et sont soulagés, car cela signifierait la fin de la crise et d’autres sont effarés et dépités. Ce soir, je suis conviée à une réunion. Je m’y rends accompagnée de mon chauffeur car je sais que je vais rentrer après la nuit. A la fin de la réunion, nous apprenons via les portables qui sonnent de toute part, que cela bouge en ville. Ravalomanana aurait quitté le pouvoir mais ne l’aurait pas laissé à Rajoelina. Il aurait donné tous les pouvoirs à un Directeur Militaire (le plus ancien des plus gradés). Ce dernier se serait rendu à une réunion avec 4 officiers, les représentants du FFKM (églises), l’ambassadeur des Etats Unis à l’Episcopat afin de mettre en place les Assises Nationales. Tout à coup débarquent des militaires de Rajoelina qui kidnappent ces derniers (en demandant à l’Ambassadeur de partir rapidement) armés de kalachnikovs. Rajoelina refuse le directoire militaire de Ravalomanana. Ils sont emmenés à la caserne de la CAPSAT dans laquelle on les aurait forcés à signer une lettre donnant la Présidence et le pouvoir à Rajoelina. Vers 19h, nous regardons les infos malgaches, elles durent en tout et pour tout une dizaine de minutes. On y apprend en quelques secondes que Marc Ravalomanana a démissioné … effarant ! Aucune information digne de ce nom. Afin d’en savoir un peu plus, nous sommes sur internet, sur Itélé et LCI. Nous tombons sur une interview téléphonique de Rajoelina : « Je suis à la tête du gouvernement de transition qui prépare l’élection présidentielle anticipée qui se déroulera d’ici 24 mois. Donc vous pouvez m’appeler Président » dixit Andry Rajoelina. Interrogé sur le Coup d’Etat, il a déclaré : « dans une situation exceptionnelle, il faut aussi des mesures exceptionnelles. (…) C’est le peuple qui donne le pouvoir, c’est le peuple qui reprend le pouvoir. Nous répondons à cette demande de me mettre à la tête de la transition ». Sur le président Marc Ravalomanana, il a ajouté, « Je ne sais pas où il est, mais pour autant que je sache, il est toujours à Antananarive. (…) Ce n’est pas moi qui réclame son arrestation, c’est la justice malgache. C’est la justice qui doit trancher le sort de Marc Ravalomanana. »A la question sur la position de la France à Madagascar : « la position de la France a été louable ».
Mercredi 18 mars : Nous nous attendions à des heurts en ville aussi nous n’avons pas mis Laurène au lycée. Et contrairement à toute attente, il ne se passe rien pour le moment. On aurait pu penser que les partisans de Ravalomanana se soulèvent ou que la majorité silencieuse proteste… et rien ! c’est très déroutant. Beaucoup de malgaches pensent que Ratsiraka (président de Madagascar avant Ravalomanana) est derrière tout cela depuis la France (puisqu’il est exilé à Neuilly !) et que notre pays le soutient. Les malgaches s’attendent à le voir débarquer à l’aéroport d’Ivato sous peu. Rajoelina a reçu les représentants de l’ONU, de l’Union Africaine et la Chargée d’affaires de l’Ambassade de France. Certains diplomates ne reconnaissent pas le pouvoir de Rajoelina qui a pris le pouvoir d’une façon non constitutionnelle bien que la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) malgache l’ait reconnu. Rajoelina prévoit la mise en place des élections sous moins de 24 mois. Beaucoup, comme la France, trouve que ce délai est trop long. Selon la constitution, cela devrait se faire sous 3 mois. Alors que beaucoup de pays et institutions ne reconnaissent pas le pouvoir de Rajoelina, la France prend acte de l’accession au pouvoir de Rajoelina suite à l’accord de la HCC. Comme par magie, Pierrot Rajaonarivelo (ancien ministre de Ratsiraka en exil également) réapparaît en dévoilant qu’il a soutenu Rajoelina et qu’il est heureux du départ de Ravalomanana. Il trouve seulement que certaines choses ne se sont pas déroulées comme elles étaient prévues, que, du coup, il s’agit d’un coup d’état à cause de l’amateurisme de Rajoelina et que le délai de 24 mois pour les élections est trop long… Malgré l’appel de Rajoelina aux investisseurs étrangers à revenir à Madagascar, nous craignons une certaine fébrilité de ces derniers. Beaucoup continuent à partir, sans parler des américains à qui l’ambassadeur des US a demandé de quitter le pays. L’armée est très présente dans la capitale. Les pillages n’ont plus lieu et nous sommes plus sereins. Cependant rien n’est fini. Beaucoup de malgaches ne sont pas d’accord sur la façon de faire de Rajoelina et nous craignons que le mécontentement général ne remonte à la surface. Il a décidé de vendre l’avion présidentiel, une partie de la somme servira à la construction d’un hôpital… cela changera-t-il le sort des malgaches qui risquent de voir une grande partie de la Communauté Internationale leur tourner le dos et du même coup arrêter l’aide ? Le sommet Africain se déroulera-t-il en juin comme prévu à Ivato ? rien n’est moins sûr ! Et le sommet de la Francophonie en 2010 ?Nous sommes passés hier devant le chantier colossal de construction de l’ambassade des US. Pas un ouvrier, personne ! Beaucoup de chantiers vont s’interrompre, beaucoup se sont interrompus, beaucoup de zones franches ont mis le personnel en chômage technique faute de commandes… la plupart des hommes errent dans les rues, le nombre de petits marchands de légumes et de fruits en bord de rue augmente chaque jour… tout cela entraîne alcoolisme, prostitution… et bien entendu insécurité. Nous n’avions jamais vu de prostituées dans notre quartier. Depuis quelques jours, certaines sont venues de la ville que les « braves » touristes vazahas en « vacances sexuelles » (eh oui certains de nos compatriotes détestables pratiquent ce type de séjour sur Mada) ont déserté. Alors oui la situation est plus calme et c’est ce qu’espéraient la plupart des malgaches. Ils attendaient la fin de la crise quel que soit le vainqueur, pourvu qu’ils puissent retourner au travail… mais le travail n’est plus là… et du coup la crise n’est pas finie. Nous savons que, déjà, les opposants à Ravalomanana, qui s’étaient unis pour organiser son départ se chamaillent. La place vaut cher maintenant ! Nous pensons que les prochaines élections vont entraîner une nouvelle crise ce qui ne nous réjouit guère. Ravalomanana serait toujours sur le territoire et recherché pour être juger pour haute trahison, certains de ses ministres ont une interdiction de sortie de territoire… la chasse aux sorcières va commencer avec le probable retour des anciennes sorcières de 2002. L’investiture de Rajoelina se déroulera samedi à Tana et un grand bal populaire est prévu… bien entendu, hors de question pour nous, d’aller se promener en ville. Quant à nous, nous allons essayer tant bien que mal de remettre en route nos activités personnelles et professionnelles. Le tourisme est au niveau -10 et 2009 sera sans doute une année blanche. Je travaille sur un nouveau projet d’aide aux plus défavorisés que j’espère pouvoir vous communiquer bientôt. Cependant, l’anarchie, prévalant en ce moment, crée des soucis dans les ministères dont les fonctionnaires e viennent que peu ou pas du tout au bureau ce qui nous empêche de réunir les informations nécessaires à notre projet. Une chose est certaine est que l’aide des petites ONG comme SOLMADA seront plus qu’utiles dans les mois et années à venir. Nous aurons donc encore plus besoin de vous pour donner un coup de main à ces enfants qui vont en avoir tant besoin. Le repas de fêtes prévu pour Pâques est annulé de peur de créer une émeute. Nous remettrons cela en place quand le climat sera plus détendu. Bien sûr les enfants en ont besoin, mais faut-il pour autant créer des bagarres ou émeutes afin de venir en aide ? Je pense qu’il est plus sage de ne pas faire de provocation et d’attendre. Je vous dis à très bientôt et vous remercie encore pour l’important soutien reçu tout au long de ces longues semaines. Murielle
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Du 12 au 15 mars
15.3.2009 par Association SOLMADA.
Me revoilà…
Jeudi 12 mars : Le centre commercial de Tanjombato est complètement saccagé. On commence à s’en prendre aux usines et entrepôts voisins. Il ne reste plus que celui de la Digue désormais. Aucun problème d’approvisionnement on trouve toujours de tout (sauf le lait et le beurre). La maison d’un membre du parti du Président est saccagée et pillée. Heureusement, nous constatons que petit à petit l’armée et les forces de l’ordre réapparaissent. Un rassemblement a lieu sur la place du 13 mai et les partisans de Andry annoncent que « la victoire est proche ». Le ministre de la défense rejoint le gouvernement après avoir démissionné sous la contrainte des pro-andry. La communauté internationale lance un avertissement contre toute prise de pouvoir en dehors de la constitution et déclare que toute aide du FMI ou des pays amis serait suspendue dans le cas contraire (soit 70% des recettes des caisses de l’Etat). L’Ambassadeur des USA encourage ses diplomates et partisans à quitter Madagascar (il faut savoir que les USA sont très proches de Ravalomanana , il suffit de voir la construction de la nouvelle Ambassade et le soutien que porte l’Ambassadeur au Président depuis quelques jours). Le premier ministre et Monja Roindefo (‘’premier ministre’’ de Andry) se rencontrent… Les hélicoptères entendus hier seraient la fuite de la famille de Ravalomanana vers l’Ile Maurice. Certains disent qu’ils n’auraient pas pu embarquer !
Vendredi 13 mars : vu la date nous nous méfions ! Ce sera le jour des rumeurs. Des mercenaires payés par Ravalomanana arriveraient à Madagascar depuis l’Afrique Du Sud par la mer. Les policiers doivent surveiller les côtes. Des chars seraient déployés (personne ne les a vus !!). Pendant ce temps la Communauté Internationale et le FFKM (chefs des églises) continuent à préparer les Assises Nationales refusées par le camp de Andry. Le président quant à lui est d’accord sur cette réunion. L’Afrique du Sud dément l’envoi de mercenaires. Selon le Président il s’agirait de formateurs (2 d’Afrique du Sud et 2 Israéliens) venus pour former l’armée à l’utilisation de nouveau matériel. Ravalomanana craint pour sa vie et demande à ses partisans de venir le protéger à Iavoloha (grand palais présidentiel). De nombreux partisans se seraient déplacés. Le soir un zébu aurait été sacrifié et la nuit aurait été ‘’festive’’. Une partie de l’armée (appelée ‘’mutins’’) demanderait le départ du Président pendant que l’autre partie (armée légaliste) dit être là pour faire respecter la loi et protéger les personnes et les biens. On peut constater qu’il n’y a plus de pillages. Dans la nuit l’armée aurait fait 5 morts lors de tentatives de pillages de quoi refroidir les autres. De nombreux pilleurs auraient été arrêtés.
Samedi 14 mars : Un nouveau rassemblement a lieu sur la place du 13 mai. On promet un discours ‘’historique’’. Andry Rajoelina est présent sur place accompagné de juges et avocats demandant le départ de Ravalomanana l’accusant de ne pas laisser la justice faire son travail. Cela fait une semaine que Andry ne s’est pas montré. Andry est accompagné de Jacques Sylla , premier ministre de Ravalomanana en 2002 et actuel président de l’Assemblée Nationale. Dans le matin Monja Roindefo a pris la primature. Andry annonce qu’il a déposé une demande de déchéance du Président, de l’Assemblée Nationale et du Sénat devant la Haute Cour Constitutionnelle qui l’a refusée. Pendant ce temps le FFKM continue la préparation des Assises Nationales. Andry lance un ultimatum au Président : il lui donne 4h pour donner sa démission et faire la passation de pouvoir à Iavoloha sinon il se passera quelque chose. Il dit que le pouvoir est au peuple et que c’est au peuple de choisir. Que celui-ci a choisi et que Ravalomanana doit partir tout de suite. Tout le monde attend. Au bout de ce temps le Président annonce qu’il ne démissionnera jamais et que l’Armée n’est pas avec Rajoelina, ce que cette dernière confirme. Elle ne marchera pas sur Iavoloha. Quid de l’ultimatum ? Dans la soirée la foule est nombreuse devant le palais, le président sort saluer la foule en liesse.
Dimanche 15 mars : aujourd’hui c’est dimanche, jour de prières. Nous n’avons que peu de nouvelles puisqu’il n’y a aucun journal (papier ou télé). Un culte est célébré place du 13 mai et un autre à Iavoloha ou le gouvernement attend plus de 30 000 personnes. On ne sait pas si ce nombre est atteint mais la foule est énorme et crée de gros embouteillages sur la RN7. Le Président déclare à nouveau qu’il ne démissionnera pas et qu’il est prêt si cela est nécessaire à provoquer un référendum. Il prévient ses partisans qu’il ne s’agit pas que d’une crise entre malgaches et qu’une porte de sortie lui aurait été proposée…
Voilà pour la situation actuelle. Nous sommes un peu plus sereins car il n’y a plus de barrages sauvages dans les rues et que les pillages se sont arrêtés. L’Armée semble jouer son rôle ce qui nous rassure tous. Cependant la guerre des nerfs peut durer longtemps et pendant ce temps Madagascar s’enlise. Le travail se fait rare et le chômage va bon train. Je n’ai jamais vu autant de petits marchands de fruits et légumes sur les trottoirs. On vend tout et n’importe quoi, n’importe où. Les gens courent après les voitures dans l’espoir de vendre 2 pommes ou un briquet.
Demain, nous accueillons un nouvel ambassadeur de France, M. Chataîgner. Espérons qu’il saura jouer la carte de la diplomatie et ne pas nous remettre dans une situation similaire à celle de la semaine dernière. Nous éviterons ainsi d’être pris à parti.
Pour nous, nous tenons le coup et essayons de garder le moral. Laurène retourne au lycée demain avec ses copines. Elle est ravie car le temps est long à la maison. Les horaires des écoles françaises ont été modifiés. Dans les écoles primaires les enfants font journée continue de 7h à 12h (après midi à la maison) ceci afin d’éviter de trop nombreux déplacements. Pour le lycée les cours passent de 55mn à 50mn et la rentrée est avancée d’une demi-heure le matin (on commence donc à 7h). Ceci permet aussi de finir plus tôt et d’éviter les manifestations.
Voilà pour aujourd’hui. Nous vous remercions pour vos mails de soutien et je vous dis à la prochaine pour des nouvelles encore meilleures je l’espère ! Merci à ceux que nous ne connaissons pas physiquement mais qui nous ont offert leur aide sur place à Mada ou à la Réunion si besoin était. Sachez que nous avons été très touchés par ces gestes de soutien et d’amitié.
Veloma
Murielle
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Nouvelles du 9 au 11 mars
11.3.2009 par Association SOLMADA.
Bonsoir
C’est un peu difficile pour moi d’écrire ce soir… beaucoup d’émotion et beaucoup de colère à contenir si je veux vous relater les événements de ces deux derniers jours.
Toute la famille va bien et nous n’avons aucun soucis, n’avons pas été inquiétés ni menacés personnellement. Nous sommes bien entourés par nos amis français et malgaches et un soutien incroyable se met en place entre nous. Les liens se font plus forts et du coup nous nous sentons plus forts. Les enfants se portent bien et posent beaucoup de questions sur la situation actuelle mais ne veulent absolument pas partir de Madagascar. Nous leur expliquons dans quel cas nous avons décidé de partir et elles acceptent bien. Nous n’en sommes pas là, mais nous y pensons et le nécessaire est déjà prêt au cas où. L’ambiance est vraiment particulière. On sent bien que cette crise ne sera pas passagère et elle est bien loin de 2002. Cela ressemble davantage aux graves crises de 1991 ou même 1971.
Depuis vendredi dernier date à laquelle le lycée français a été pris en otage (et j’insiste il a été pris en otage… pas au début, puisque les manifestants étaient venus garder l’habitation de Rajoelina, mais à la fin quand ils se sont dits qu’il y avait sans doute des enfants de politiques malgaches dedans !), donc depuis ce vendredi tout le monde se demandait où était passé le fameux Rajoelina. Il se disait en lieu sûr cependant il ne communiquait plus à la radio ni à la télé. Beaucoup pensait qu’il avait quitté le territoire malgache.
Lundi nous entendons un communiqué de l’ONU déclarant que ce dernier était sous sa protection et qu’il était en sécurité d’une résidence diplomatique. Nous espérions tous que ce ne soit pas la France. Lundi un démenti de l’ONU depuis New York affirmait que tout était faux et que l’émissaire de l’ONU était à Madagascar en tant que médiateur et pas pour prendre des mesures politiques et que Rajoelina était sous la protection de la France à la Résidence de l’Ambassade… Dès le mardi soir, l’ambassade de France déclare que cela n’était que passager, qu’il est à présent à l’Evéché et plus dans les locaux français, que cette protection a été faite en accord avec toute la Communauté Internationale (dont l’ONU) mais également du Président de la République lui-même. Bien entendu, ce dernier ne fera aucun communiqué dans ce sens. Cette protection aurait été faite afin qu’il n’arrive rien à l’opposant du président et dans le but d’éviter une guerre civile… n’oublions pas que nous sommes les ex-colonisateurs de Madagascar, que nous sommes toujours considérés comme tel et que cette ingérence engendre des protestations anti français assez virulentes. Du coup suite à un meeting Pro-ravalomanana, les partisans du président décident d’aller faire un sit-in devant notre ambassade. En route des pro-rajoelina s’interposent et la bagarre démarre… le peuple malgache contre le peuple malgache devant l’ambassade de France…bilan une vingtaine de blessés… bien entendu devant l’absence d’armée qui a donné 72h d’ultimatum pour résoudre la crise sous peine que cette dernière prenne ses responsabilité, les pillages continuent allègrement en toute impunité. La maison du PDS (remplaçant du maire de tana mis en poste par le gouvernement après la destitution de Rajoelina) est pillée et brûlée non loin du lycée français (quartier résidentiel). Nous nous sentons tous trahis par la France, jetés en pâture ou utilisés… Aucun communiqué de la France concernant les événements au Lycée Français, aucune information sur les médias français…
Cette après-midi nouvelle tentative de prise des ministères par les pro Rajoelina, cependant les pro Ravalomanana se sont mis en faction devant pour les protéger. Des bagarres ont à nouveau éclaté mais l’armée est intervenue pour disperser la foule. Encore une fois, le peuple malgache contre le peuple malgache. Le lycée moderne d’Ampefiloa en centre ville s’est fait attaqué ce matin par… le lycée technique voisin dont les lycéens voulaient que les autres se joignent à eux pour aller manifester pour Rajoelina. Affrontements violents entre lycéens malgaches.
On nous annonce que le ministre de la défense a démissionné … il l’aurait fait sous la contrainte et aurait démenti dès qu’on l’aurait relâché !
En province ça commence à bouger aussi.
La communauté internationale et les médiateurs sur place proposent des assises, qui seraient en fait une grande conférence avec plus de 90 personnes de tous les partis politiques de Madagascar afin de trouver un consensus pour arrêter cette crise. Elle se tiendrait les 12, 13, 14 mars. Après avoir été protégé par la France, Rajoelina et ses partisans et collaborateurs refusent de s’y rendre. Il se pourrait donc que cela soit annulé.
Ce soir, à la télé, la Communauté Internationale (la chargée de l’Ambassade de France présente et bien en vue dans le petit écran) a lu un communiqué dans lequel elle précise que tout coup d’état, directoire militaire, toute prise de pouvoir ne suivant pas la constitution entrainera la non reconnaissance du pouvoir malgache par cette même communauté et que les aides seront gelées.
Ce soir, suite au remplacement du chef d’état major de l’armée, nous apprenons que l’ultimatum est supprimé et qu’il est hors de question pour l’armée malgache de faire un coup d’état ou un directoire militaire. Le président du Sénégal aurait invité Ravalomanana et Rajoelina à Dakar pour trouver une solution de paix, un émissaire de la Francophonie serait envoyé à Mada pour participer à l’issue de la crise.
Toujours est- il que de nombreux militaires sont en ville et dans les rues, que les rumeurs les plus affolantes circulent partout et que l’anarchie règne. On ne sait plus qui est avec qui, qui commande, quelle armée est face à vous… nous restons donc à la maison et ne sortons que pour le nécessaire. Laurène n’est pas retournée au lycée depuis vendredi dernier.
Voilà c’est dans un climat bien particulier que je vous écris aujourd’hui. Cet après-midi, parce qu’il faut bien manger, je décide d’aller au djumbo score de la Digue pour faire les courses. Je pars avec le chauffeur qui s’est renseigné avant… pas de problème. Les gens vivent leur vie dans notre commune. Il y en a qui pêchent dans les rizières des tilapias, les femmes lavent leur linge dans les rizières, les petits marchands de fruits courent après la voiture… A 100 mètres du magasin je vois une panique totale. Toutes les voitures font demi tour sur la route digue et nous font signe de faire de même. Je demande à Fano de se renseigner avant de suivre comme un mouton. Il semblerait (rien n’a été confirmé pour l’instant) qu’une foule importante viendrait par là de 67ha pour piller le magasin et qu’ils jetteraient des pierres aux automibilistes car ils ne sont pas contents que certains continuent à vivre comme si de rien n’était. Bien entendu je fais demi-tour et passe par le petit leader price du quartier où il n’y a presque plus rien. Il faut savoir que depuis lundi, un autre centre commercial de la capitale a été pillé et détruit (même processus que le 26 janvier). il ne reste plus que ce centre commercial. Au loin avant de partir je vois une bonne cinquantaine de militaires prêts à intervenir. Ce soir, nous avons entendu pendant près de 2 heures un ballet incessant d’hélicoptères se posant et décollant de l’aéroport tout proche…qui était-ce??Ce n’est pas le Madagascar que nous connaissons et aimons…
A bientôt
Murielle
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Les 8 et 9 mars
9.3.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour à tous, les dernières nouvelles:
DIMANCHE 8 MARS : Hier nous apprenons qu’une scission au sein de l’armée est en train de se former. Certains officiers et sous officiers de l’armée malgache refuseraient d’obéir aux ordres du président Ravalomanana et ne voudraient plus faire partie des forces du maintien de l’ordre accusées de tirer sur le peuple. Les raisons de ce mouvement sont très floues et la désinformation va bon train. Certains évoquent certaines raisons d’autres en évoquent d’autres qui sont complètement contradictoires… bien difficile de vous expliquer ici puisqu’il semblerait maintenant que l’armée ne soit plus divisée !
Toujours est-il que des détonations sont entendues tard dans la capitale sur certains quartiers dont celui de Bentogolo, où il y aurait des régiments et le ministère de la défense. Impossible de savoir si le régiment de la CAPSAT a eu des affrontements avec la garde présidentielle (c’est ce qui se dit mais…). Pendant ce temps face à la désorganisation totale des forces de l’ordre, les casseurs et pilleurs sont de sortie et commencent à piller le centre commercial de Tanjombato et les entreprises qui sont autour. Sans qu’il n’y ait aucune intervention.
LUNDI 9 MARS : Aujourd’hui , nouveau rassemblement sur la place du 13 mai. Aucune force de l’ordre ne serait sur place et il y aurait de nombreux manifestants pro-Andry. Est-ce que cela veut dire que l’armée est passée de son côté ? Pendant ce temps au stade de Mahamasina, une manifestation pro-Ravalomanana a lieu. Des coups de feu auraient été entendus. Du coup une des écoles françaises située proche de ces sites a été évacuée à 13h30. Toujours pendant ce temps, et toujours pour les mêmes raisons on continue à piller les magasins de Tanjombato (score, courts et autres…). Les forces de l’ordre arriveront sur le tard et laissent passer les pilleurs avec la marchandise sauf pour certains à qui on demande de laisser la marchandise au sol.
Il se dit que Ravalomanana serait prêt à une ouverture du gouvernement mais le parti de Rajoelina exige le départ du président. Plus aucune nouvelle de Rajoelina depuis vendredi (histoire du lycée français), un communiqué de l’ONU nous informe qu’il est en sécurité dans une résidence diplomatique. Pendant ce temps le président serait à Iavoloha (palais présidentiel). Une réunion de négociation devait avoir lieu aujourd’hui mais Rajoelina était absent comme ses représentants. Ravalomanana affirme qu’il n’y aura pas d’insécurité pour lui s’il vient aux négociations.
Nous attendons maintenant de savoir comment va agir l’armée, ce qui va ressortir de cette nouvelle montée de la crise. Les rumeurs vont bon train et la désinformation aussi. Des manifestations ont lieu en province et il se pourrait que certaines villes suivent le pas de la capitale. Certains touristes se sont retrouvés coincés et obligés de faire demi-tour à leur retour sur la capitale face aux barrages mis aux entrées de la ville. Le consul nous demande de ne circuler qu’en cas de nécessité.
Nous connaissons assez Madagascar pour pouvoir dire que les risques sont très présents sur toute l’ile et que la situation peut tourner très vite. Hier la Mairie de Mahajunga aurait été inquiétée, la maison d’un chef de district de province a été brûlée tout comme sa voiture. Le consul nous prévient d’un risque d’embrasement dans le reste de l’Ile.
En ce qui nous concerne notre grande fille n’est pas allée au lycée malgré son ouverture aujourd’hui et n’y retournera pas demain non plus. La route est devenue incertaine et nous préférons attendre. Hier nous avons eu une réunion avec le proviseur du lycée qui nous a expliqué le déroulement de la journée de samedi. Chapeau à toute l’équipe enseignante et au personnel du lycée. Thierry est allé faire les courses dans un petit leader price du coin, il ne restait que très peu de marchandises et les portes étaient entrouvertes.
Voilà pour le moment, la situation s’aggrave de jour en jour et aucune nouvelle n’est rassurante. Nous aimerions qu’il en soit autrement mais la réalité est bien difficile, nous qui aimons ce pays pour son calme… Nous essayons de nous accrocher mais beaucoup de vazahas ont quitté ou vont quitter l’ile. Des hôtels connus en province sont fermés et leurs propriétaires ayant fait faillite les vendent (ou essaient de les vendre) tout comme sur Tana à cause du manque de tourisme (qui au point mort, jamais vu ça à Madagascar) et surtout de l’insécurité (impossible d’assurer la sécurité des clients dans de bonnes conditions).
A bientôt
Murielle
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Dure journée!
7.3.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour à tous
Voilà une deuxième journée qui nous a marqués. Après le 26 janvier où je me retrouvais coincée dans les premières émeutes avec la peur au ventre, voilà le vendredi 6 mars qui pointe son nez.
Le 5 mars Laurène notre grande fille n’est pas allée au lycée car il y avait de nombreux barrages en centre ville et nous avons préféré la garder à la maison. Le soir des amis nous appellent en nous disant qu’il n’y a de soucis. Nous recevons un message du consul nous disant, comme d’habitude, de nous déplacer avec prudence mais rien de plus. Nous décidons donc qu’elle y retournera le lendemain, d’autant plus qu’on est vendredi et qu’elle n’a cours que le matin. Comme d’habitude elle part avec nos amis et nous envoyons le chauffeur sur le parking tout le matin pour qu’il soit là au cas où…
Arrivée au lycée elle nous appelle : pas de soucis, personne sur la route, pas de barrage tout est ok !
Vers 10h je mets sur internet pour aller lire mes emails et machinalement (allez savoir pourquoi ??) je vais faire un petit tour sur le site du lycée français. Nous lisons que le lycée est inquiété par des groupes de manifestants qui encerclent le lycée. Les enfants ne pourront pas sortir entre 11h30 et 13h30. Le lycée leur offrira le repas de midi. Alors là panique à bord. Je téléphone à Fano pour qu’il m’explique la situation. Il y a des barrages partout avec beaucoup de manifestants qui attendent. Bien entendu le standard du lycée est occupé. Nous appelons Laurène sur son portable (heureusement que ça existe finalement). Elle nous confirme qu’il y a beaucoup de gens en haut du lycée. Mais tout est calme. Nous lui disons de manger à la cantine et que nous allons juger de la situation.
Nous apprenons entre temps que Andry Rajoelina habite à 100m à peine du lycée et qu’il se serait senti attaqué la nuit d’avant. Il aurait donc appelé ses partisans toute la nuit à venir protéger son domicile de peur d’être attaqué ou arrêté ! (quid : pourquoi avoir ouvert le lycée ? l’ambassade devait bien être au courant de ces appels continus à la radio !). On nous dit qu’il est préférable d’attendre 16h30, que des négociations sont en cours entre le proviseur du lycée et les manifestants pour faire sortir les enfants en toute sécurité. Nous disons à Laurène de rester dans le lycée.
Elle nous appelle nous disant que des manifestants sont descendus contre les grilles et qu’ils ont essayé de rentrer dans le lycée. Les surveillants et gardiens les ont repoussés. Puis vers 15h30, Fano le chauffeur, nous appelle en nous disant que c’est calme et que beaucoup d’enfants peuvent partir à pieds et passer le barrage accompagnés d’un adulte. Il est sûr que c’est ok. Laurène nous appelle et nous passe un surveillant qui me confirme que les enfants peuvent passer à pieds avec un adulte. Avec Laurène il y a les deux enfants de mon amie Anna (qui a travaillé longtemps avec nous pour l’association). Elle a un 4×4 qui attend ses enfants de l’autre côté du barrage et elle a 2 chauffeurs qui vont les escorter. Avec Fano cela fait 3 adultes pour 3 enfants. Nous disons ok. Ils partent à pied et marche à vive allure. Laurène nous raconte qu’elle a traversé la foule de manifestants (serrés comme dans un marché !!). Des barrages de fortune sont érigés tous les 100m (branches, arbres couchés, pavés, clous cachés par de la paille…) Personne ne les ennuie, on les laisse passer mais tout à coup les enfants voient des personnes ramasser des pavés et faire le geste de les lancer. Les 3 enfants qui se tiennent par la main décident de courir et se cachent derrière un tombeau en bord de route. Les manifestants caillassent tous les véhicules qui essaient de passer. Les enfants continuent leur chemin en évitant la foule et en passant, toujours accompagnés des 3 chauffeurs, par de petites ruelles. Une fois le dernier barrage passé, ils rejoignent le 4×4 d’Anna et s’en vont en trombe. Ils arriveront à peine 30mn plus tard sains et sauf. Je vous raconte cela calmement mais il est évident que nous étions dans tous nos états et ne pouvions rien faire ! De toute façon les manifestants ne laissaient entrer personne ni sortir…
Il restait maintenant à faire le tour de toutes mes copines dont les enfants sont scolarisés au lycée. Laurène est la seule à être sortie ! Ils sont tous dans le lycée. Je me rends donc chez mon amie Corinne pour la soutenir. Coups de fil sur coups de fil… entre parents, avec les enfants sur place. Nous apprenons que les enfants vont être évacués par les bus de ramassage scolaire… angoisse ! Les enfants montent dans le bus mais aussitôt un barrage se met devant les bus les empêchant de passer. Les enfants retournent au lycée. Puis nous apprenons que l’EMMonat (CRS malgaches) a chargé. Les enfants entendent des balles, des tirs, des bombes lacrymogènes. On les confine dans des salles dont on ferme les rideaux et dans le noir les enfants se cachent sous les tables, le nez dans leur pull. Les enfants ont très peur mais sont encadrés par les enseignants et personnels du lycée. Nous entendons que des enfants d’hommes politiques malgaches seraient dans le lycée et seraient maintenant la cible des manifestants qui souhaiteraient les prendre en otage pour faire pression sur Ravalomanana. Peu de temps après ordre leur est donné de remonter dans les bus, l’EMMOnat est là (CRS malgache) et les escorte jusqu’aux Charmilles (résidence des fonctionnaires de l’ambassade de France protégée par des gendarmes français). Il se pourrait que les enfants y passent la nuit. Dans les bus les enfants ont dû mettre les cartables contre les vitres afin d’éviter les jets de pierres. Puis finalement, les enfants après nombre de retournements de situation, remontent dans les bus et sont ramenés dans leurs quartiers respectifs sans encombre. Les filles de mon amie arriveront vers 21h.
Tous les enfants sont très choqués et ont eu très peur. Il faut rassurer et parler… Laurène est moins traumatisée que les autres car elle n’a pas entendu de coup de feu. Elle a eu très peur pour traverser la foule mais a eu beaucoup de chance. A contre temps nous prenons la mesure du danger qu’ont dû supporter nos enfants alors qu’il aurait suffi de fermer le lycée dès le matin sachant que le quartier allait bouillonner… mais là encore il ne faut pas jouer le jeu d’un parti et rester neutres pour la France !
Après avoir mis Laurène dans le 4×4 Fano notre chauffeur a du remonter au lycée pour récupérer notre véhicule. Mais à peine 3 minutes après le départ de Laurène l’EMMOnat a chargé. Fano a subi les gaz lacrymogènes et c’est la peur au ventre qu’il a réussi à retrouver le parking (après près d’une heure de marche, toutes les rues étant bloquées et dangereuses et alors que pour descendre avec Laurène ils avaient mis à peine 10mn). Arrivé à la voiture, il entend que d’autres voitures organisent un convoi pour partir. Il les suit. Arrivés au barrage, il faut négocier le passage. Il faut… payer ! Fano donne le peu d’argent qu’il a sur lui…et il passe ! Il rentrera en passant à travers les rizières.
Laurène s’est endormie d’un coup épuisée par la journée qu’elle vient de passer. Elle nous a beaucoup parlé et est restée en lien avec ses amis coincés dans le lycée. Elle a été très courageuse… ce matin tout va bien. Elle appelle ses amis et parle avec eux.
Quant à moi, la nuit a été aussi longue que la journée, ressassant le film de la journée sans pouvoir trouver le sommeil et réalisant peu à peu le danger. Ce matin, j’ai l’impression d’avoir la grippe, courbatures & cie !
Concernant l’état actuel dans la capitale, comme vous le voyez, c’est la grande anarchie. Les manifestants sont partout, les forces de l’ordre essaient tant bien que mal de remettre de l’ordre mais la machine infernale est lancée. Bien entendu il y a des ratés, des gens sont arrêtés, blessé ou tués par l’EMMOnat alors qu’ils sont de simples passants lambdas. La communauté internationale est présente pour tenter de renouer le dialogue entre les protagonistes. A côté de cela, à certains barrages il y a des vols, pillages et agressions. Sur les routes de province bon nombre de camions et taxis se font agressés, pillés… des chauffeurs et usagers ont trouvé la mort sur les routes. Il est pour le moment impossible de se rendre d’une ville à une autre sans risque. Nous avons peur que la répression ne se durcisse pour ramener l’ordre. L’insécurité et la violence règnent… et nous craignons que ce ne soit que le début !
Aujourd’hui Andry Rajoelina appelle ses partisans pour un DIABE (une longue marche) tous habillés de blanc. Personne ne sait où va se diriger ce diabe… mais nous craignons le pire ! je vous tiens au courant quand j’en sais plus. Des tirs ont été entendus ce matin vers 11h30 dans la capitale. Andry Rajoelina n’a pas encore donné signe de vie depuis les événements d’hier au lycée français.
Voilà… ne vous inquiétez pas nous allons tous bien et sommes tous ensemble. Nous nous serrons les coudes avec les amis malgaches et français qui nous entourent. Nous espérons tout de même que la crise trouvera une issue rapide et que nous pourrons rester à Madagascar. A voir !
A très bientôt
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Nouvelles du 2 au 5 mars
5.3.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour à tous
Les nouvelles vont en s’empirant et Madagascar s’enfonce inexorablement dans une guerre civile qui n’a plus ni but précis ni revendications précises. On tombe petit à petit dans des pillages et casses bien avant des manifestations pour revendiquer quoi que ce soit. Malgré la présence de nombreux acteurs de la communauté internationale sur place (ONU, Union Africaine, Union Européenne) …
Après avoir arrêté les négociations, Andry Rajoelina a appelé ses partisans à se rendre sur la place du 13 mai samedi dernier. Il y demande la grève générale dès lundi. Parallèlement, il a mis en place le CNC (comité national de coordination des actions) avec d’autres partis de l’opposition lui reprochant de jouer cavalier seul. Fort de ce nouvel accord il veut étendre la grève générale à tout le pays.
Le lundi 2 mars : la grève générale demandée n’est pas suivie à Tana et à peine 2000 personne se seraient rendues au 13 mai. Les gens sont allés travailler et les magasins ont ouvert leurs portes. Des échauffourées commencent dans le quartier de l’université d’Ankatzo. Impossible de savoir vraiment ce qu’il s’est passé… il semblerait que le premier ministre de Rajoelina et un chanteur (Sareraka qui soutient le mouvement) habitent dans le quartier. Des forces de l’ordre ou des pro-ravalomanana se seraient rendus dans le quartier ce qui aurait énervé les étudiants pris dans la tourmente. Ces derniers se seraient rebellés et des heurts ont eu lieu entre forces de l’ordre et étudiants. De plus la rentrée universitaire n’a pu avoir lieu à cause des troubles mettant en déroute les étudiants. Pendant ce temps il semblerait, mais là nous avons peu d’infos, que certaines villes de province suivraient la grève demandée. A Fianarantsoa, des heurts ont eu lieu entrainant la mort de 2 personnes et une dizaine de blessés, tout comme Ambositra.
Une délégation de la société civile a rencontré le président pour demander le maintien de l’ordre et la protection des personnes et des biens.
Des tirs vont continuer dans la capitale pendant la nuit.
Le mardi 3 mars : Les domiciles de personnalités des deux parties sont attaqués à coup de cocktails molotov. Le rassemblement sur la place du 13 mai a lieu. Ce qui devient très inquiétant c’est l’appel de Rajoelina et de son équipe à la délation. Il demande que lui soit fournie la liste des entreprises qui ne feraient pas grève ou empêcheraient leurs employés de faire grève afin de savoir qui est pro-ravalomanana. Il demande à ce que ses partisans marquent d’une croix noire les maisons des policiers et partisans de Ravalomanana (triste souvenir !!). Il appelle au rassemblement dès demain et annonce qu’ils iront dans les entreprises pour débaucher les ouvriers. La manifestation se terminera encore une fois par des pillages et des casses.
Le Mercredi 4 mars : Dès 6h30 du matin l’EMMOnat a pris position sur la place du 13 mai qui est quadrillée par des camions de militaires. Le nombre de militaires et policiers dans la ville est impressionnant et dès 10h les manifestants se rendant sur la place du 13 mai sont éparpillés par des jets de bombes lacrymogènes et balles en plastique. Des pillages ont lieu toute la journée, des stations essence (pour les cocktails molotov), des magasins, et mêmes des collèges malgaches (dans lesquels des professeurs sont agressés physiquement et les enfants malmenés pour qu’ils sortent de l’école). Difficile de comprendre qui sont ces casseurs, on a pensé dans un premier temps aux 4mi (les plus pauvres) mais à la vue de certaines images sur tvplus on constate que ce ne sont pas des pauvres (aux vêtements). Le président appelle les entreprises à appeler l’EMMOnat si elles constatent des tentatives de récupérations chez les ouvriers. Il leur demande également de prendre des sanctions contre les ouvriers qui feraient la grève, cette dernière étant faite pour l’amélioration du travail et pas pour des raisons politiques d’ordre national. Toute la journée l’EMMOnat court dans toute la capitale pour chasser les pilleurs et les casseurs, des arrestations ont lieu. Pendant ce temps le président de la république reçoit divers ambassadeurs. Il s’engage lors d’un conseil des ministres à remettre de l’ordre et à faire respecter la loi, à protéger les personnes et les biens. Cependant difficile de savoir qui est casseur ou simple passant… c’est l’anarchie la plus totale. Les balles sifflent, les bombes lacrymogènes sont jetées de partout.
Jeudi 5 mars : Des barrages de fortune sont érigés par les manifestants dans de nombreux quartiers de la capitale et sont supprimés par l’EMMOnat tôt dans le matin. La place du 13 mai est toujours occupée par les militaires qui empêchent la foule de venir se rassembler. Les radio et télé de Andry Rajoelina sont inaudibles et on a plus de nouvelles de ce dernier. Il se dit que les négociations auraient repris entre les deux parties dans un hôtel, le ‘Hintsy’ avec la communauté internationale et ce malgré les émeutes. Les gens ont peur et n’osent même plus aller au travail. C’est le chaos. L’Union Africaine a demandé à Ravalomanana de trouver une solution de paix à Madagascar sous 15 jours sous peine de voir le sommet de l‘Union Africaine annulé en juin 2009 (il doit avoir lieu à Ivato). Ceci expliquerait cette volonté de remettre de l’ordre. On apprend en fin de soirée que des casseurs s’en sont pris à des véhicules qui passaient à coup de jets de pierres.
Concernant le tourisme, il est toujours suspendu par le CETO, ce qui est plutôt bien dans le sens où il serait très dangereux pour des touristes (proie de choix) de se trouver là pour le moment (dans la capitale comme en province). Certes le quai d’Orsay ne dit rien mais si on se rend sur le site de France Diplomatie les consignes sont claires ‘’différer tout déplacement à Madagascar’’. Bien entendu, c’est dramatique pour Madagascar qui vit surtout grâce aux touristes. De nombreux étrangers quittent le bateau également, emportant avec eux leurs investissements. Le couvre feu est toujours d’actualité et nous le respectons scrupuleusement, nous poussons même à rentrer avant la tombée de la nuit.
Voilà pour aujourd’hui, en ce moment (17h30) les émeutes ont toujours lieu sur la capitale et nous sommes tous très inquiets pour l’avenir proche et lointain. Nous attendons de jours meilleurs et souhaitons que Madagascar redevienne paisible. Demain est un autre jour !
A bientôt
Murielle
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Nouvelles du 22 au 26 février
26.2.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour à tous, je continue ma distribution de nouvelles malgaches…
Dimanche 22 février: Le rassemblement au 13 mai a été annulé hier car les deux protagonistes ont accepté de se mettre autour d’une table por dialoguer et trouver des solutions à la crise actuelle. Aujourd’hui c’est le calme plat, rien ne se passe. C’est étrange cette capacité à revenir au calme après une semaine d’agitation. Les dimanches sont des trêves au milieu de grandes manifestations ou de conflits violents.
Lundi 23 février: Aujourd’hui les négociations commencent et elles restent sous silence et secrètes comme prévu. Un peu frustrant de ne pas savoir ce qui se passe. Seul Andry se permet de faire des déclarations en disant son mécontentement sur les rencontres avec Ravalomanana qui selon lui serait plus préoccupé par le sommet africain (prévu à Mada en juin 2009) et le MAP. Il annonce ses exigences : la démission de tous les ministres de Ravalomanana, l’accès à la télé et radio nationale et le renvoi du PDS de Tana (‘’remplaçant’’ du maire) sans oublier la relaxe pour un prisonnier politique. Rien que cela ! Avec ça on a du mal à imaginer que des négociations puissent avoir lieu. Andry annonce qu’il laisse jusqu’à demain pour que ces conditions soient acceptées et qu’ensuite il rappellera le peuple au 13 mai.
Mardi 24 février : Aujourd’hui une nouvelle rencontre doit avoir lieu. Rien ne filtrera de cette réunion.
Mercredi 25 février : nous sommes dans l’attente et cela fera, demain, un mois que la violence pure et dure a fait son apparition à Mada et surtout à Tana. Nous attendons toute la journée de savoir comment se déroulent les négociations. Les malgaches qui nous entourent trouvent ce silence plutôt rassurant. Ils pensent que cela signifie que des choses s’installent. Nous, nous doutons ! Vers 20h nous apprenons que Rajoelina Andry a décidé de rompre les négociations. Les raisons ? Les chefs de l’église (FFKM) qui servent de médiateurs seraient plutôt pour le président de la république et ce dernier ne serait pas venu aujourd’hui à la réunion préférant se faire représenter par le président de l’assemblée nationale et celui du sénat. Ravalomanana, lui, se dit près à discuter avec tous les partis d’opposition qui souhaitent faire avancer le pays. Il faut savoir qu’une partie de l’opposition n’est pas d’accord pour être représentée par Andry… Demain, Andry appelle ces partisans à venir à 10h au stade de Mahamasina pour destituer le PDS mis en place par le gouvernement pour le remplacer à la mairie de Tana. Il prévoit un nouveau rassemblement au 13 mai pour samedi. On parle de pillages à Tuléar (sud de Madagascar), des coups de feu auraient été entendus. Les réserves de riz seraient menacées. Le président se serait rendu en province afin de rencontrer les divers chefs de l’armée et de police.
Jeudi 26 février : Après avoir décidé de rompre les négociations avec le Président de la République Andry Rajoelina avait donné rendez-vous ce matin à 10h à ses partisans au stade Mahamasina pour destitué le PDS mis en place. On parle de 2500 manifestants ce qui montre que la foule est moins nombreuse mais … quand même il a encore du soutien. Très vite les troupes de l’EMMOnat ont lancé des bombes lacrymogènes (ou grenades assourdissantes..) sur la foule afin de la disperser. Des jets de pierres ont eu lieu mais il semblerait à l’heure actuelle (15h) que le sit in soit terminé et le rassemblement dispersé. Cependant les forces de l’ordre patrouillent dans la capitale et certains quartiers sont bloqués. On parle également d’une grève de la JIRAMA (équivalent EDF et Eau de chez nous) qui reprochent au directeur français de percevoir un trop gros salaire ! Il semblerait que Andry veuille récupérer ces grévistes. Il appelle à une grève nationale et à un nouveau rassemblement demain à Mahamasina où il espère voir tous les fonctionnaires, les gens travaillant dans le privé, ceux qui sont au chômage technique provoqué par cette crise. Il faut savoir que dans la région de l’Analamanga (région de Tana) plus de 60 entreprises sont en chômage technique, plus de 3500 emplois perdus en un mois, sur Madagascar l’office national du tourisme annonce un taux d’annulation proche de 100% pour le premier trimestre 2009. Il annonce également que la destination Madagascar risque de se voir enlever des catalogues des voyagistes pour l’année 2010… tout cela est une vraie catastrophe économique car le tourisme ne fait pas seulement travailler les gens dans les hôtels mais aussi les chauffeurs, les locations de voitures, les guides, les parcs nationaux, les restaurants, l’artisanat local, les supermarchés, les marchés, les commerces vestimentaires… tout cela va entraîner à court terme une paupérisation de la population entraînant à son tour une insécurité grandissante.
Les émeutes à Tuléar d’hier soir ont été confirmées et une vingtaine de personnes ont été arrêtées. La réserve de riz de la banque mondiale alimentaire aurait été visée (pillée??)
Suite à l’appel des chefs d’églises hier à l’ONU, cette dernière vient d’envoyer M. Haile Menkerios en tant que médiateur et afin d’arriver à des solutions pacifiques et éviter une guerre civile. Nous doutons tous d’un retour au calme. Il est déjà arrivé et s’est entretenu ce soir avec Ravalomanana mais Andry Rajoelina n’est pas venu.
Alors, nous qui sommes sur place sommes noyés sous les rumeurs qui courent dans tous les sens : des cargaisons d’armes seraient arrivées à Tamatave (est du pays) depuis l’Afrique à bord d’un des avions Tiko du président. Des enfants auraient subi les jets de bombes lacrymogènes à la sortie de l’école ce matin. Des gens auraient été tués lors de la prise des ministères de la semaine dernière. Des français auraient été expulsés de Mada pour soutien à Rajoelina et pour atteinte à la sûreté de l’état. Nous assistons désormais à une guerre de communication et nous ne savons plus qui croire ! les malgaches eux-mêmes sont noyés dans cette masse d’informations qui tourne à la désinformation… Bien entendu, nos chers médias français ne font pas dans la dentelle puisque j’ai pu voir il y a quelques jours un reportage sur la Guadeloupe dans lequel des images de Madagascar s’étaient faufilées. Je viens d’ailleurs d’apprendre que le CSA a mis en demeure canal+ et Itélé pour cette belle bourde…! Sans parler du fait que les français (comme notre ministre des affaires étrangères ou M. Joyandet) continuent à appeler Andry Rajoelina en utilisant sa fonction de Maire d’Antananarivo alors qu’il a été destitué par le gouvernement en place… les malgaches y voient là un ingérence et un soutien à Rajoelina et du même coup une volonté de voir partir le Président de la République. Comme le dit si bien le consul de Madagascar : il nous faut rester prudents car la situation est plus que ‘’volatile’’ !
Voilà pour ces dernières nouvelles bien peu réjouissantes. Nous continuons à espérer le retour au calme mais le cœur n’y est plus. Nous sommes tous vazahas comme malgaches las de cette situation qui nous demande une attention de chaque instant. Nous ne circulons plus ou presque plus. La chance que nous avons est d’être un peu éloignés de la capitale.
Merci encore à tous ceux qui nous réconfortent et nous accompagnent par leur messages, sms ou autres…
Veloma sy soava tsara é !Murielle
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Semaine du 16 au 21 février 2009
21.2.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour
Je ne suis pas venue vous raconter les événements de Mada depuis quelques jours car cela devient très compliqué et que la guerre des nerfs est lente… J’ai donc écrit ce texte tout au long de la semaine.
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Cette image représente bien ce qui se passe à Mada, une pauvre marchande d’Analakely qui vient de tout perdre lors des pillages de lundi. Complétement démunie, affolée, n’y comprenant rien… que va devenir Madagascar?
Par où commencer ? Même nous qui sommes sur place, même nos amis malgaches n’y comprenons plus rien. On a l’impression d’un mauvais film, l’impression que tout est déjà joué mais qu’on n’arrive pas à voir la conclusion.
Tout d’abord cette semaine a été consacrée par les partisans d’Andry à essayer d’installer leurs ‘’ministres’’ dans les ministères. Lundi ce fut peine perdue car les militaires n’ont pas laissé passer la foule tout comme mardi. L es gens se sont rendus tout d’abord dans des ministères vides aux portes fermées et ont demandé un huissier pour ouvrir, ce dernier n’étant pas sur place il a été décidé de revenir le lendemain mardi.
Le mardi, personne n’a pu accéder aux ministères, cause de barrages militaires et malgré les négociations. Rendez vous pour le mercredi… et mercredi !Andry a appelé les femmes de militaires à venir se mettre en tête de cortège pour aller prendre les ministères, des boucliers humains pour décourager les militaires de tirer sur leurs propres femmes… les barrages de militaires ont donc laissé passer la délégation sans problèmes, sans heurts. 4 ministres ont fait ouvrir (sous contrôle d’huissier) les portes de ‘’leurs ‘’ ministères qui étaient déjà désertés par les fonctionnaires. Nous avons vu à la télé ces ‘’ministres’’ s’installer dans les fauteuils, décrocher les tableaux de Ravalomanana du mur et faire des signes de victoire. Cette prise des ministères est trop facile… qu’est ce que ça cache ? Cette nuit Andry a demandé aux Andramasipokonolona (des civils qui gardent les quartiers) de surveiller les ministères pris pendant la nuit.
Ce matin, jeudi, nous apprenons que des coups de feu ont retenti autour des ministères et que les militaires auraient repris les ministères. Des communiqués des ministres en poste sont apparus confirmant que les ministères étaient bien repris. On apprend aussi que de très nombreux militaires sont postés ce matin dans le quartier d’Anosy et que des blindés sont présents aussi. En même temps on nous dit que le rassemblement place du 13 mai va débuter… Andry affirme qu’il y a eu des morts (ce que démentent les militaires) cette nuit et donne RDV à la foule demain à nouveau, déclarant que les blindés ne l’arrêteront pas. Il demande aux militaires de se rendre chez lui. Il annonce un Dia Be pour demain (une longue marche et demande à ses partisans d’apporter à boire et à manger. Nous pensons tous qu’il veut se diriger vers Iavoloha (le grand palais présidentiel en dehors de la Capitale).
Madagascar s’enfonce dans une crise que même le peuple ne comprend plus. Le président est muet, Andry est absent lors de ces coups d’éclat et laisse la population y aller seule. Tout le monde commence à croire que cela n’est que mascarade et que des tractations ont lieu loin des journalistes (trop occupés à suivre les mouvements de foule et de militaires) et du peuple.
Cependant le pays s’enfonce, la destination touristique risque d’être enlevée des catalogues des voyagistes en 2010, les vols internationaux sont moins nombreux (air mad 2 vols par semaine à la place d’un par jour habituellement), les touristes préfèrent annuler, le FMI ne verse plus de fonds, les sociétés ferment les unes après les autres, beaucoup d’étrangers s’en vont momentanément ou définitivement…
Aujourd’hui samedi, nous attendons le Dia Be. Andry arrive sur la place du 13 mai et annonce que les chefs du FFKM (chefs des églises) lui ont envoyé une invitation pour une rencontre dans un lieu neutre avec Ravalomanana. Il annule donc la marche et se rend à 13h au rendez vous. Il demande à ses partisans de revenir demain pour un compte rendu.
A 14h nous apprenons que la rencontre entre Andry et Ravalomanana est terminée mais que les deux camps discutent toujours. Voilà ! les deux protagonistes se sont rencontrés pendant près de 45mn. Il en ressort qu’ils se sont mis d’accord sur le fait de ne plus se provoquer, de ne plus provoquer de manifestations dans la rue, de ne plus se dénigrer ni de faire de désinformation dans les médias, de faire en sorte d’arrêter les pillages et de cesser toute forme d’arrestation et poursuite à caractère politique. Certes ça ne fait pas avancer le problème mais on commence à s’écouter et peut-être à s’entendre !? Cependant certains partisans d’Andry lui reprochent de prendre des décisions sans demander leur avis. Le rassemblement de demain est annulé et les négociations vont continuer… rien n’est gagné, rien n’est fini nous le savons.
Nous espérons tous que cela va ramener le calme dans la capitale et que Madagascar trouvera une issue sans d’autres bains de sang.
Pour nous, le temps est long… nous restons à la maison et ne sortons que pour faire des courses. Les filles recommencent l’école dans une semaine et j’espère que le climat sera moins tendu pour envoyer Laurène au lycée. Farah est dans notre quartier qui est resté très calme pour le moment. Toujours les mêmes sourires, les bonjours… comme si on était dans un autre monde !
Nous sommes tous fatigués de cette situation. La tension est présente et épuisante, il nous tarde de retrouver le Madagascar que nous aimons et voir les malgaches vivre dans la paix.
A très bientôt et merci pour votre soutien.
Murielle
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Tentative de prise des ministères
16.2.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour
Madagascar reste un pays très étonnant, en effet au lendemain des 26 et 27 janvier le calme était revenu, certes ce n’était qu’un calme précairemais bon! Puis le samedi 7 février avec ce bain de sang devant le petit Palais et un dimanche encore plus calme que d’habitude. Cette semaine bis repetita… un samedi de manifestations dans les deux camps, à deux pas l’une de l’autre avec apparemment quelques bagarres et un dimanche tranquille puis le lundi on recommence. C’est très étrange vu d’ici, comme si le dimanche les magasins comme les manifestations étaient fermés. Les malgaches en ont assez de voir s’affronter ces deux camps et aimeraient continuer à vivre tranquillement cependant à chaque jour son lot de surprises.
lundi 16 février : Aujourd’hui est un jour important (encore un) . Nous sommes avec Lydie, notre cuisinière devant la radio et nous écoutons les infos. Le journaliste crie les nouvelles et Lydie nous traduit. Elle a le sourire comme d’habitude mais on sent bien son inquiétude. Ce week-end, après la manifestation pro-Ravalomanana de samedi qui a accueilli une foule impressionnante au stade Mahamasina, Andry a déclaré qu’il irait installer ces ministres de la Haute Autorité de Transition dès lundi. Aujourd’hui un rassemblement a donc eu lieu sur la place du 13 mai. Andry a nommé des ministres supplémentaires puis aurait déclaré que les ministres allaient se rendre dans leurs ministères. Les gens sur place auraient crié à Andry qu’il faut y aller tous ensemble mais Andry ne voudrait pas s’y rendre prétextant un complot contre lui. Ses ministres partent et la foule suit quand même. Un peu plus bas un barrage militaire les attend. Pendant ce temps Andry s’en remet à Dieu. Les mpiandry (les religieux) seraient en tête de cortège suivis des ministres et de la foule. Andry fait une prière sur la place et se décide à suivre les manifestants vers les ministères. La délégation se dirige vers le ministère de la population et celui de la jeunesse mais les locaux sont vides et fermés à clé. En effet depuis plusieurs mois maintenant ces ministères auraient déménagé à Anosy… alors pourquoi se rendre là ? La foule crie et veut que les responsables du mouvement prennent les ministères. Ceux–ci rétorquent que c’est impossible aujourd’hui et qu’ils reviendront demain avec un huissier. Ils veulent faire demi-tour mais la foule hurle, siffle et veut entrer dans les ministères. Les responsables disent attendre un huissier pour faire le nécessaire. Certains font demi-tour en voiture et sont pris à parti par la foule. La délégation s’en va laissant la foule devant les ministères. Certains jettent des cailloux sur l’EMMOnat (groupement des forces militaires et policières). On peut s’attendre au pire. Une benne à ordures est placée par la foule devant les forces de l’ordre qui, pour l’instant, ne bougent pas. Plus aucun responsable de l’opposition n’est sur place. La population est très en colère d’être à nouveau seule. Les militaires viennent de lancer des grenades lacrymogènes puis des tirs de sommation se font entendre. La foule semble se disperser. Du renfort militaire (3 camions) arrive sur les lieux et repousse la population jusqu’à la place du 13 mai. Nous sommes tous là, devant notre radio Fano, Lydie, Nary et nous et nous n’en croyons pas nos oreilles ! Le peuple a été excité, on lui a fait des promesses et une nouvelle fois il est laissé là… heureusement cette fois et pour le moment les forces de l’ordre ont été calmes et on agi avec des bombes lacrymogènes… mais pour combien de temps ? La manifestation a commencé vers 13h, il est 17h30 et il y a encore des tirs entendus. Les manifestants se sont dispersés à cause des lacrymogènes mais un noyau dur continue à jeter des cailloux sur les forces de l’ordre qui répliquent par des tirs en l’air. Les gens défient l’armée en se couchant comme des morts à chaque tir et se relèvent en riant au nez des militaires. En passant, des casseurs en profitent pour piller les petits marchands d’Analakely (marché en plein centre ville). Il semblerait que la foule en veuille à Andry qui est parti les laissant seuls face l’armée (pour la deuxième fois) et a reporté la mise en place de ses ministres à demain. Que va-t-il se passer demain ? Va-t-il revenir place du 13 mai ?? Mes employés me disent qu’il « va recevoir des tomates » ce qui, apparemment, est vraiment de mise dans des cas pareils…
En tout cas nous venons d’apprendre que Andry aurait déclaré (en fin de soirée) qu’il n’y a plus de négociations possibles et qu’il donne rendez-vous demain place du 13 mai.
Nous attendons demain alors que les affrontements continuent sur la place du 13 mai entre les forces de l’ordre et une foule remontée. Espérons que la nuit sera calme ! Les forces de l’ordre de Tana centre invitent les habitants à rentrer rapidement chez eux, les pillages auraient repris! Demain est un autre jour.
A bientôt
Murielle
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Longue attente…
13.2.2009 par Association SOLMADA.
Bonjour
Me revoilà pour les dernières nouvelles. Ici il pleut beaucoup certains disent que nous avons les effets du cyclone Gaël qui est passé au large de Mada, d’autres disent que c’est les pluies de 7 jours qui marquent le passage vers l’hiver. Allez savoir ! en tout cas il pleut beaucoup et il fait froid (enfin pour nous), hier on a perdu au moins 10° et les vestes sont ressorties des placards. Côté crise que dire ?
Mercredi 11 février : une manifestation pro-Ravalomanana (certains disent que c’était plutôt une manifestation pour la paix) a eu lieu au Stade de Mahamasina. D’aucun disent qu’il y avait 25 000 personnes, d’autres 30 000 ou encore 50 000 ! Du simple au double ! En tout cas les photos montrent un stade bien plein. La manifestation s’est déroulée dans les chants, les prières, les discours et tout le monde est reparti dans le calme… ce qui nous soulage. Cela aura au moins eu le mérite de montrer que tout le monde ne suit pas Andry et demande la fin de la crise. Bien entendu, à la suite on entend de tout, les manifestants auraient été payés 25 000 ar pour se rendre au stade, des chanteurs auraient été menacés pour qu’ils ne participent pas à la manifestation enfin …. Face à cela, Andry avait demandé à ce que Tana soit ville morte et que tout le monde reste chez soi. Il semblerait que tous les magasins et marchés aient ouvert, que les transports aient fonctionné. Les négociations auraient commencé depuis quelques jours entre les deux parties sous le contrôle de l’Onu (dont l’émissaire serait reparti jeudi). Cependant les deux parties continuent leur bras de fer, leurs menaces et accusations et leurs manifestations. Alain Joyandet, chargé d’état à la coopération et à la francophonie est ici, accompagné de la Commission de l’Océan Indien. Il a été reçu par le président et Andry à qui il a demandé le respect de la démocratie, l’arrêt des violences et des morts.
Jeudi 12 février : Les rassemblements pro-Andry ont recommencé sur la place du 13 mai. Il y auraut de moins en moins de monde ce qui n’empêche que le maire destitué continue à nommer ses ministres. Un émissaire de l’Union Africaine est arrivé et a demandé le respect de la constitution, de la démocratie et a condamné toute prise de pouvoir anticonstitutionnelle. Il a également déclaré qu’il incombe aux Malgaches de gérer leur problèmes internes. Il faut savoir que Ivato devrait accueillir en juin 2009, le sommet de l’Union Africaine et en 2010 le sommet de la Francophonie… Dans la soirée à Tuléar (sud de Mada), des tirs ont faits 4 morts et de nombreux blessés. Il s tentaient de piller des magasins et dépôts de riz et PPN. Les gens ont faim surtout dans le grand sud où il fait très chaud. Ces tentatives de cambriolages n’auraient rien à voir avec la crise politique mais seraient dues à la famine dont souffre le sud. Tout le monde attend à présent les résultats de ces négociations, nous doutons d’une issue dans un futur proche. Rappelons qu’en 2002 la crise avait duré plus de 8 mois. Les produits laitiers font peu à peu leur réapparition dans les supermarchés (mais pas dans la rue). Le lait est limité à 3 litres par personne dans certains commerces. Les prix continuent de flamber et il est de plus en plus difficile pour les plus pauvres de se nourrir.
Vendredi 13 février : Rien à signaler. Comme d’habitude, nous avons pour conseil de ne pas nous rendre dans le centre de la capitale où des manifestations auraient encore lieu. Ici à Ivato tout le monde travaille et continue à vivre comme d’habitude. Le manque de travail est bien réel, les zones franches sont au chômage technique, les hôtels sont fermés car plus un touriste, beaucoup de licenciements et d’investisseurs qui quittent Mada. Voilà pour les dernières nouvelles, rien de bien réjouissant mais je crois que nous sommes partis pour une longue attente. Nous croisons les doigts pour que cela s’arrange un peu.
Aujourd’hui samedi 14 février : Des manifestations pro-ravalomanana sont encore prévues au stade de Mahamasina pendant qu’une autre pro-andry est prévue sur la place du 13 mai. Nous espérons que ces deux manifestations ne se rencontrent pas et que nous éviterons les affrontements.
A très bientôt
Murielle
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